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49-3 derrière la mascarade politique, le
vrai visage de l’austérité budgétaire

Sébastien Lecornu fait face ce vendredi 23 janvier à deux motions de censure à l’Assemblée nationale après avoir déclenché mardi le 49.3 sur la partie « recettes » du budget. L’une a été déposée par la France insoumise, le groupe GDR (communistes et ultra-marins) et les écologistes, l’autre par le Rassemblement national et son allié le groupe ciottiste UDR. La première a été rejetée en fin de matinée, n’ayant recueilli que 269 voix sur les 288 nécessaires à son adoption, la seconde a obtenu 142 voix. Dans la foulée, le premier ministre a déclenché un second 49.3 sur la partie « dépenses » du projet de loi de finances (PLF).

 

Publié le 23 janvier 2026 Mis à jour le 23 janvier 2026 à 11:40

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Le premier ministre Sébastien Lecornu lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée, le 20 janvier 2026.
© Karim Ait Adjedjou/ABACAPRESS.COM

Après avoir renoncé à sa promesse faites à l’automne de ne pas recourir au 49.3, qu’il a finalement déclenché mardi sur la partie « recettes » du budget, Sébastien Lecornu a fait face ce vendredi 23 janvier à deux motions de censure à l’Assemblée nationale. L’une a été déposée par la France insoumise, le groupe GDR (communistes et ultra-marins) et les écologistes, l’autre par le Rassemblement national et son allié le groupe ciottiste UDR.

Celle de l’extrême droite était vouée à l’échec, la gauche ne comptant pas y mêler ses voix, elle n’a obtenu que 142 suffrages. Quant à celle déposée par Mathilde Panot, Cyrielle Chatelain, Stéphane Peu et 108 de leurs collègues, moins de 20 voix lui ont fait défaut pour atteindre la majorité de 288 votes nécessaire pour faire tomber le gouvernement. Elle a recueilli en fin de matinée 269 voix. La partie « recettes » du projet de loi de finances (PLF) est donc réputée adoptée par l’Assemblée nationale.

Des « coupes budgétaires d’un niveau inégalé »

En cause, la décision du PS – qui estime désormais que le 49.3 est la « moins mauvaise » des solutions – de ne pas censurer le gouvernement sous couvert des maigres concessions annoncées par le premier ministre en début de semaine. « Pour priver la France de gouvernement et de budget, il faut des raisons sérieuses », a justifié Laurent Baumel à la tribune de l’Assemblée, arguant que « la censure n’est ni une routine, ni un jeu » et « qu’à rebours de ses deux prédécesseurs, le premier ministre a reconnu que la France n’aurait de budget que si celui-ci portait désormais aussi la marque des idées et des attentes des forces politiques et des électeurs de gauche ».

« La stratégie du rapport de force a payé », clamait déjà mardi le député socialiste Arthur Delaporte, insistant sur la hausse de la prime d’activité de 50 euros en moyenne par mois pour 3 millions de ménages modestes… bien que le dispositif soit critiqué par la CGT, qui juge qu’il revient à faire porter par l’État des hausses de salaires que les entreprises ne consentent pas.

Cette prime revient à « faire payer par l’État le complément de revenu que les grandes entreprises refusent de verser à leurs salariés », abonde le reste de la gauche dans le texte de sa motion. Le premier ministre « renie sa propre parole » et met en œuvre des « coupes budgétaires d’un niveau inégalé » pour atteindre l’objectif de 5 % de déficit qu’il s’est fixé, dénoncent également ses signataires. Selon Éric Coquerel, le président LFI de la commission des Finances, ces coupes devraient avoisiner les 20 milliards d’euros, dont 13,5 milliards pour l’État.

« À l’inverse, les mesures de ce budget présentées comme des compromis ne sont que de la poudre aux yeux », fustigent également les rédacteurs de la motion de gauche, citant la surtaxe de l’impôt sur les sociétés (qui rapportera 7,3 milliards d’euros au lieu de 8 en 2025 et 4 prévus dans le projet de loi initial), ou la taxe holding, devenue « homéopathique » après son passage au Sénat.

« Tout dans ce budget est une escroquerie. alors honte à ceux qui l’ont voulue », a taclé en séance ce vendredi l’insoumis Éric Coquerel. « Honte également à ceux qui permettraient qu’elle s’accomplisse », a-t-il ajouté dénonçant une politique qui permet aux « ultra-riches » de « légalement s’enrichir » et la « constitution d’une nouvelle noblesse, celle de l’argent, tout aussi minoritaire que l’était celle de l’Ancien régime face au tiers-état ».

Alors que Sébastien Lecornu a prétendu devant les députés pour justifier son recours au 49.3 que « pour la première fois depuis longtemps, le parlement ne peut pas dire qu’il a été privé de son pouvoir », Jean-Victor Castor, qui s’exprimait au nom du groupe GDR, a répliqué dans l’hémicycle : « Aujourd’hui un nouveau récit est imposé celui d’une prétendue irresponsabilité parlementaire. C’est faux. Ce déficit est le résultat de choix politiques assumés. on cherche à transformer un échec de l’exécutif en faute collective pour faire payer la crise à ceux qui n’en sont pas responsables et préparer une nouvelle vague de sacrifices imposés toujours aux mêmes. »

Deuxième 49.3 sur la partie « dépenses »

Le gouvernement, critiqué jusque dans ses propres rangs sur le thème – à l’inverse de la gauche – d’une austérité qui n’irait pas assez loin, a pu cependant compter sur son camp. « Nos désaccords avec ce budget sont profonds parfois même structurants, mais jamais nous ne nous associerons à votre stratégie du chaos », a notamment lancé à l’intention des groupes porteurs des motions de censure, Agnès Firmin Le Bodo au nom des députés Horizons. « Quand le débat ne permet plus de conclure, quelqu’un doit assumer », a de son côté asséné Sébastien Lecornu préparant le terrain pour la suite des opérations.

Dans la foulée du rejet des deux textes, le premier ministre a de nouveau engagé la responsabilité de son gouvernement via un deuxième 49.3 sur la partie « dépenses » du budget. Les formations de gauche à l’origine de l’une des motions de censure examinées ce vendredi n’ont pas dit leur dernier mot. « Nous n’accepterons jamais un budget qui fait 35 milliards de coupes dans les services publics et les collectivités. Pour le faire tomber ainsi que le gouvernement, nous déposons une motion de censure avec les écologistes et les communistes et ultramarins », a annoncé la cheffe de file des députés insoumis, Mathilde Panot. Le RN devrait également en déposer une, les deux textes devraient être à leur tour examinés en début de semaine prochaine.

La gauche, hors PS, veut y croire. « Dès lors qu’on est seulement à 19 voix d’écart, cela signifie que le gouvernement n’est pas tranquille », a estimé dans la salle des Quatre colonnes Éric Coquerel, ajoutant que « cela nous incite à mettre encore plus la pression sur tous les députés d’opposition afin qu’ils censurent le gouvernement ». « Cinq collègues socialistes ont voté cette motion de censure, complète le député Génération.s Benjamin Lucas interrogé par LCP. J’espère qu’ils arriveront à en convaincre d’autres. »

 

Tag(s) : #BUDGET
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