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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Budget PLFSS 2026

10 Décembre 2025, 08:48am

Publié par PCF Villepinte

Le budget de la Sécu adopté avec le soutien
du PS et l’abstention d’une partie des
écologistes

Un anniversaire, ça se fête. Mais sûrement pas comme ça. La Sécurité sociale eût rêvé meilleur cadeau pour ses 80 ans que les mauvais coups portés par Sébastien Lecornu. Adopté de justesse mardi 9 décembre en deuxième lecture par l’Assemblée nationale, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour l’année 2026, censé ramener le déficit autour de 20 milliards d’euros, n’est certes plus le « musée des horreurs » dénoncé par la gauche au début de l’examen. Mais c’est bien un « texte d’inspiration libérale », comme le qualifie le président PCF du groupe GDR Stéphane Peu, pour lequel 247 députés ont voté (234 oppositions, 93 abstentions).

Le résultat n’était pas donné d’avance pour ce texte qui ne satisfait aucun camp. Plus tôt dans la journée, personne n’ose se risquer à un pronostic dans les couloirs du Palais Bourbon. Trop d’incertitudes. « Ce sera très serré… », répètent les parlementaires de tous bords. Que feront les écologistes tiraillés entre le vote contre et l’abstention ? Combien de députés LR désobéiront à la consigne d’abstention du patron du parti, Bruno Retailleau ? Les macronistes voteront-ils d’un bloc ? Le suspens durera jusqu’au dernier moment.

Le gouvernement a-t-il assez lâché ?

« Je vois beaucoup de collègues revenir de leur week-end de la Sainte-Barbe, des marchés de Noël et du Téléthon avec la conviction que le bazar doit s’arrêter : les Français veulent un budget », assure Harold Huwart, député du groupe centriste Liot. Et l’insoumis Hadrien Clouet de rétorquer : « Évidemment que les gens veulent un budget mais dès qu’on leur demande s’ils veulent qu’on prenne 300 euros de pouvoir d’achat, la réponse n’est plus la même. Qui a été élu pour faire les poches des personnes diabétiques ? Le sujet, c’est quel budget ? » Et sur la nature de ce PLFSS, les avis divergent, notamment à gauche autour d’une question : le gouvernement a-t-il assez lâché ?Pour Romain Eskenazi, porte-parole du groupe PS, le texte qui poursuivra sa route au Sénat

« Nous avons également ajouté des mesures de justice », ajoute sa collègue Mélanie Thomin, citant entre autres la hausse de la CSG sur les hauts patrimoines et les dividendes et la « suspension de la réforme des retraites ». Poussés par la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon qui voulait « absolument » que le texte passe, les socialistes, dans leur immense majorité, sont donc allés au bout de leur logique de recherche de compromis avec l’exécutif : ils ont voté pour le PLFSS. « Nous assumons le fait d’être la béquille de la Sécurité sociale, revendique Romain Eskenazi. Ce serait un déficit de 30 milliards si le budget n’est pas voté. »

« C’est accepter 3,6 milliards d’euros de coupes »

L’analyse du PS est loin d’être partagée dans les rangs du feu Nouveau Front populaire (NFP). « Je veux redire à tous les députés élus sur le programme du NFP que voter ce budget, c’est accepter 3,6 milliards d’euros de coupes, notamment sur l’hôpital public, voire plus si des crédits sont gelés, martèle Mathilde Panot, présidente du groupe LFI. Aucun député qui se dit de gauche ne peut accepter cela. » Les insoumis – qui accusent le PS d’entrer dans la majorité – se sont sans surprise opposés au PLFSS. Comme 10 députés du groupe GDR où siègent les communistes (5 autres se sont abstenus, 1 a voté pour). « Au fil des débats, nous avons réussi à retirer parmi les pires horreurs. Pour autant, dans son architecture et sa philosophie, ce PLFSS affaiblit encore plus la solidité de notre système de solidarité comme depuis 2017 », justifie Stéphane Peu.

Pour faire adopter le budget, Sébastien Lecornu avait a minima besoin d’une forme de bienveillance des écologistes. Ces derniers, bien que divisés sur la posture à adopter, ont conditionné leur abstention à une hausse du plafond de l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam). Une demande entendue par le gouvernement qui a déposé dimanche soir un amendement, adopté par les députés, pour augmenter le budget de l’Ondam de 2 à 3 %, soit une revalorisation d’environ quatre milliards d’euros. Les Verts se sont donc abstenus dans leur « grande majorité » car « c’est un petit texte » avec lequel les soignants auront tout de même « des moyens à niveau constant », explique Cyrielle Chatelain, la présidente du groupe.

La gauche n’est pas le seul bloc à étaler ses désaccords. Le fumeux « socle commun », alliance des quatre groupes soutenant le gouvernement, s’est aussi divisé. Renaissance comme le Modem ont massivement soutenu le texte.

Le projet de loi de finances (PLF) 2026 fixant les moyens de l’État vivra-t-il le même sort ? Les équilibres ne seront visiblement pas les mêmes devant ce second musée des horreurs. « Là, la balance est extrêmement négative », prévenait, lundi, dans nos colonnes Cyrielle Chatelain. « Le débat ne sera pas le même que sur le PLFSS », prévient la socialiste Mélanie Thomin, alors que les macronistes font savoir qu’un accord avec la droite sénatoriale pourrait survenir en commission mixte paritaire.

Certains plaident même pour que Sébastien Lecornu recoure à l’article 49.3 pour s’éviter un vote de l’Assemblée nationale, outil constitutionnel mais anti-démocratique qu’il a promis de ne pas utiliser dans les discussions parlementaires. Le premier ministre a gagné une bataille, celle de la deuxième lecture du PLFSS, en lâchant un peu de lest. Mais il ne peut encore crier victoire pour la suite de la guerre budgétaire.

 
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