Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Les syndicats interpellent Élisabeth Borne

19 Novembre 2022, 08:28am

Publié par PCF Villepinte

Violences sexuelles et sexistes au travail. 

Dans un communiqué commun adressé à la première ministre, la CGT, FO, la CFTC, la FSU, Solidaires, la CFDT, l’UNSA et la CFE-CGC demandent de nouvelles mesures à quelques jours de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre et à la veille de la manifestation nationale du collectif #NousToutes réunissant syndicats, partis politiques et associations ce samedi 19 novembre.

Nadège Dubessay L'Humanité

Vendredi 18 Novembre 2022

Le collectif #NousToutes appelle à manifester partout en France samedi 19 novembre. Le cortège parisien s'élancera à 14 heures de la place de la République. © Simon LAMBERT/HAYTHAM-REA

Il faut «avancer concrètement». Les syndicats signataires d’un courrier adressé jeudi 17 novembre à Élisabeth Borne tapent les poings sur la table. Ils rappellent qu’en 2018, des référents harcèlement sexuel et agissements sexistes ont été mis en place par le Gouvernement, ainsi qu’une obligation de négociations sur les violences sexistes et sexuelles (VSS) dans les branches. «Nous accompagnons de plus en plus les victimes de violences sexistes et sexuelles, même si nous avons toujours bien sûr à progresser», assurent-ils. Mais cinq ans après #MeToo, ils constatent que «la majorité des situations restent toujours aussi difficiles à régler».

Et pour cause. «Au lieu de suspendre, puis de sanctionner le salarié mis en cause, on continue souvent de déplacer, discréditer, voire placardiser ou licencier la victime», constatent-ils. Le bilan n’est pas glorieux. Les syndicats dénoncent pèle mêle des politiques de prévention encore souvent inexistantes ou insuffisantes dans la majorité des entreprises, administrations, collectivités et établissements publics. «Il y a rarement des dispositifs formalisés de signalement et denquête, associant les représentants du personnel», déplorent-ils.

Si, dans la fonction publique, la mise en place d’une cellule d’écoute est un premier pas, «le manque de financement et de personnels dédiés a pour conséquences quelles ne sont pas assez opérationnelles». De même, les référents VSS du privé ou de la fonction publique, mis en place sans moyens dédiés ni prérogatives clairement définies, «cumulent cette charge avec celle d’élus au CSE ou au comité social et ne disposent pas de crédits dheures de formation spécifiques».

Un baromètre annuel sur les violences sexistes et sexuelles au travail

Face à ce constat, les syndicats réclament une table ronde multilatérale afin de réaliser un bilan et identifier les nouvelles dispositions à adopter. «Nous souhaitons que soit construit, par exemple par le Haut conseil à l’Égalité, un baromètre annuel pour évaluer le ressenti des salariés et des agents sur les violences sexistes et sexuelles au travail». Car aujourd’hui, les VSS au travail et au quotidien n’ont jamais cessé. La majeure partie des victimes ne voient aucune suite donnée à leur signalement.

Au travail, 80 % des femmes sont victimes de sexisme et 93 % déclarent des conséquences sur leur sentiment d’efficacité personnelle. 97 % des faits communiqués aux cellules de signalement de la fonction publique d’État sont classés sans suite. Hors de la sphère professionnelle, une femme meurt tous les trois jours des suites de violences et 65 % des victimes de féminicides avaient saisi les forces de l’ordre ou la justice.

À titre de rappel, l’organisation internationale du travail (OIT) a adopté en juin 2019 une norme mondiale contre la violence et le harcèlement à l’égard des femmes: la convention 190 et la recommandation 206. «Quand on sait que la France ne la toujours pas réellement ratifié, ça en dit long sur la volonté du gouvernement sur le sujet», commente Sophie Binet du collectif Femmes Mixité à la CGT.

Le syndicat, ainsi que d’autres, se joindra à la manifestation du collectif #NousToutes ce samedi 19 novembre à Paris (départ place de la République à 14 heures) et partout en France. Le collectif dénonce notamment l’inaction du président de la République et ses gouvernements qui «ne mènent pas de politiques publiques adaptées à lenjeu». Il manifestera aussi pour crier sa colère «face au fonctionnement défaillant des institutions, notamment de la justice et de la police». Et du 21 au 25 novembre, la CGT sera partie prenante à la semaine de mobilisation professionnelle dans le privé comme dans le public.

 

Commenter cet article