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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Mégabassines :

31 Octobre 2022, 13:41pm

Publié par PCF Villepinte

 la répression s’abat sur les opposants

Écologie Samedi, près de 7000 personnes ont réaffirmé, dans les Deux-Sèvres, leur opposition à ce type de projet dirrigation, malgré linterdiction de manifester. Face à elles, les gendarmes ont répliqué de façon disproportionnée sans distinguer les violents, les pacifistes et les élus.

Emilio Meslet l'Humanité

Lundi 31 Octobre 2022

AFP

L’écharpe tricolore de députée ne protège pas de la répression policière. Samedi, à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), Lisa Belluco, parlementaire de la Vienne, portait la sienne en bandoulière quand elle s’est fait bousculer et frapper par les gendarmes en face d’elle. «Jai reçu des coups de matraque dans les jambes. Jai des bleus. Ensuite, ils ont lâché des gaz lacrymogènes à nos pieds», raconte l’écologiste.

Les insoumis Loïc Prud’homme et Manon Meunier disent avoir subi un sort similaire. De même, une «cinquantaine» de personnes ont été blessées, d’après les organisateurs, lors de cette manifestation contre les «mégabassines», ces immenses bassins deau pompée, en hiver, dans les nappes phréatiques, censés servir à irriguer, en période de sécheresse, des cultures souvent liées à l’agro-industrie.

À l’appel de 141 associations, syndicats et partis politiques dont la CGT, Attac, la Confédération paysanne, EELV ou le PCF 79, près de 7000 militants ont bravé la préfecture qui avait interdit la protestation. Ils voient dans les «mégabassines», dont celle de 16 hectares en construction à Sainte-Soline, le «symbole de laccaparement de leau au profit dune minorité et du maintien dun modèle agricole aussi toxique quanachronique».

En face, la répression des 1500 gendarmes mobiles fut donc sévère dans cette zone où la circulation était aussi prohibée, alors que les trois cortèges étaient surtout peuplés de familles, de personnes âgées et de militants pacifistes. «Ils ont utilisé des lacrymogènes à foison, des grenades de désencerclement et fait usage de LBD», rapporte Léna Lazare, militante à l’ONG Les Soulèvements de la Terre.

«La préfète a choisi son camp: elle protège des intérêts privés avec de largent public», dénonce quant à elle Adeline Grippon, membre du collectif Bassines non merci. L’objectif des organisateurs? «Réussir à atteindre la bassine, à enlever toutes les grilles qui protègent le chantier, à reboucher le début du trou, empêcher la reprise des travaux», selon un tract diffusé sur place que l’AFP a consulté.

«Nous voulons un débat national»

De son côté, la préfecture se félicite de voir «la manœuvre des opposants () déjouée», après plusieurs heurts . «Les gendarmes ont dû faire face à des individus violents, qui les ont agressés au moyen de tirs de mortiers, de cocktails molotov et de jets de projectiles ­divers. 61 gendarmes ont été blessés», fait-elle valoir dans un communiqué.

Ancienne directrice adjointe au cabinet de Gérald Darmanin, la préfète Emmanuelle Dubée comptabilise «400 profils Black Blocs et activistes très violents» pour justifier l’emploi de la force à un tel niveau. Décision soutenue par le gouvernement, à l’instar du ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau: «Quand vous maintenez une manifestation alors qu’elle est interdite, vous donnez l’occasion aux violents de s’infiltrer.» En somme, ils seraient l’ordre quand les opposants aux mégabassines seraient le chaos. Plus simple, alors, de les empêcher de manifester.

«Dans lexécutif, il y a une volonté de criminaliser le mouvement écologiste parce qu’il gêne des intérêts. Sauf que ceux-là gênent la survie de l’humanité. Ce projet se fait au détriment des citoyens et des agriculteurs qui respectent l’environnement», attaque Marine Tondelier, membre de la direction d’EELV présente dans les Deux-Sèvres. Et Adeline Grippon de surenchérir: «Cest une honte. Quand on veut abattre son chien, on dit quil a la rage. Quand on ne veut pas écouter les arguments de fond, on dit que les opposants sont violents. Mais je ne crois pas que les personnes de 70 ans puissent être des Black Blocs…»

Arguant que la justice a autorisé la «mégabassine» de Sainte-Soline, qui sera aussi grande que le Stade de France, le ministre de lAgriculture dit aussi que «les décisions de justice s’imposent à tous». Comme si le feu vert juridique empêchait le débat de société. «Nous voulons un débat national, une décision politique sur un sujet qui touche les lobbies, le business», rétorque Adeline Grippon. Pour Lisa Belluco, «le gouvernement a signifié samedi quil ne voulait pas reprendre le dialogue. Il a déclaré la guerre de leau».

Alors que même dans le camp progressiste le rejet de ces bassins d’eau n’est pas franc et massif (le Modef se questionne, les communistes et les socialistes sont partagés), certains imaginent Sainte-Soline devenir une nouvelle zone à défendre (ZAD). Comme Sivens ou Notre-Dame-des-Landes. «Pour linstant, on ne part pas dans cette direction, tempère Léna Lazare. Mais on viendra autant de fois que nécessaire pour stopper le chantier.» Seront-ils à nouveau accueillis par des lacrymogènes? Cest fort probable.

 

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