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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

La feuille de route était connue

29 Octobre 2022, 06:45am

Publié par PCF Villepinte

Morgue, coups de force

et sens de la raison

 

Cathy Dos Santos L'Humanité 

Vendredi 28 Octobre 2022

 

La feuille de route était connue. Et c’est parce qu’elle ne leur convenait pas que les Françaises et les Français ont fait le choix de priver Emmanuel Macron d’une majorité toute-puissante. Son précédent mandat, marqué du sceau de la destruction des fondements de la République sociale de l’après-guerre, avait déjà laissé un goût de cendres.

Mais l’Élysée, qui ne retient aucune leçon, s’entête et opte pour le passage en force de ses réformes. Moins de trois semaines après la reprise des travaux de l’Assemblée nationale, le gouvernement dégaine à tout-va le fameux couperet qu’est le 49.3. Ce coup de force constitutionnel est parfaitement légal; mais son recours est symptomatique dun pouvoir qui, se sachant minoritaire, cherche à montrer ses muscles.

Les porte-flingues de son exécutif sont chargés des basses besognes au nom de la doxa thatchérienne mensongère: il ny a pas dalternative à la fuite en avant néolibérale. Quimporte si elle fait couler le sang et les larmes et vient conforter une extrême droite qui n’en demandait pas tant.

Le paysage institutionnel ressemble à une vaste tragédie, où des technocrates hors-sol croient pouvoir diriger un pays comme on gérerait une entreprise où le droit n’aurait plus cours. Les débats, et surtout les amendements présentés par l’opposition qui auraient pu contribuer à stopper la saignée de la Sécurité sociale, dont le budget est aujourd’hui amputé de la dette du Covid, ont été balayés d’un revers de manche.

L’exécutif réduit le Parlement à une sorte de ring où se succèdent les matchs à coups de 49.3 et de motions de censure. La gauche a beau expliquer qu’on ne sert pas un pays en gouvernant envers et contre tout, et surtout contre tous, le pouvoir s’obstine. Les salariés, qui payent déjà la facture des aides publiques et des cadeaux fiscaux octroyés aux entreprises sans aucune contrepartie, sont les premiers à souffrir de l’inconséquence de cette politique de la terre brûlée, chère à Élisabeth Borne.

La première ministre se comporte d’ailleurs à la tête du gouvernement en nettoyeuse, comme par le passé, lorsque, à la SNCF et à la RATP, elle s’est chargée de détruire les statuts des travailleurs dans une marche forcée vers la privatisation des transports. Elle a beau déclarer vouloir «un débat constructif et de bonne foi», ses actes trahissent sa parole. À ce jeu-là, encore une fois, le Rassemblement national risque de ramasser les fruits de la désolation sociale.

Le mépris et l’insolence ne peuvent être une réponse aux problèmes nationaux. À mesure que la crise économique s’aggrave, le sentiment d’impuissance d’hier se transforme peu à peu en une colère palpable. Les journées d’action syndicale de la rentrée, les grèves qui essaiment ou encore le mouvement dans les raffineries, qui s’est soldé positivement malgré une hostilité de classe insupportable, sont autant de signaux que le gouvernement devrait prendre au sérieux.

L’impopulaire réforme des retraites est déjà brandie comme l’autre grand chantier de la présidence, alors que gonflent les mobilisations du 27 octobre et du 10 novembre pour réclamer des augmentations salariales afin de pouvoir vivre. Le choix de la rue comme lieu d’expression d’un mal-être généralisé est un désaveu du pouvoir.

Ce gouvernement isolé, pétri de certitudes qui ne correspondent en aucun cas avec les réalités, manœuvre encore sous les ors de la République. La question est de savoir pour combien de temps encore, avant que les horloges ne se détraquent totalement.

 

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