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Fabien Roussel écrit à la nouvelle Première ministre, Elisabeth Borne

20 Mai 2022, 11:18am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 19/05/2022 par PCF

Fabien Roussel écrit à la nouvelle Première ministre, Elisabeth Borne

HOTEL MATIGNON
Madame Elisabeth BORNE – Première ministre
57, rue de Varenne
75007 Paris.

Paris, le 18 mai 2022

Madame la Première ministre,

Je tiens tout d'abord à vous féliciter pour votre nomination au poste de Première ministre.

Votre prise de responsabilité s'inscrit dans une feuille de route définie par le chef de l'État, dans un contexte de crise extrêmement grave, à l'échelle internationale comme dans notre pays.

Je souhaite vous alerter sur une question essentielle, qui appelle de votre part des décisions qui ne peuvent attendre encore des semaines, à savoir le pouvoir d'achat des Français.

Celui-ci est aujourd'hui largement entamé par l'explosion des prix, ceux de l'énergie et des carburants, ceux de la plupart des produits de première nécessité. Nos concitoyens en souffrent énormément, particulièrement les plus fragiles comme les retraités ou les familles monoparentales.

L'inflation atteint des niveaux inconnus depuis plusieurs décennies, qui pourrait persister pendant de nombreux mois, si ce n'est des années.

Or, jusqu'à présent, les réponses apportées par le précédent gouvernement se sont révélées insuffisantes, tant pour le montant des aides accordées par l'État que par le nombre de familles concernées.

Les prix de l'énergie sont plafonnés à un niveau excessif, ceux des carburants flambent encore.
Les chèques attribués à un nombre limité de ménages relèvent de l'anecdotique au regard des coûts que doivent supporter les familles pour répondre aux besoins les plus élémentaires.

L'envolée des recours aux prêts sur gages traduit à cet égard une situation de détresse insupportable dans la sixième puissance économique mondiale.

J'ajoute que les PME, déjà fragilisées par la crise sanitaire, subissent également cette explosion des prix, ainsi que les collectivités territoriales dont les budgets sont sous tension, avec des conséquences sur le niveau des services rendus aux populations.

Les annonces relatives à la suppression de la redevance audiovisuelle, outre les menaces que cette mesure fait planer sur le service public de l'audiovisuel, la trop faible revalorisation du SMIC, qui entretient l'austérité salariale, et l'absence d'un véritable rattrapage sur le point d'indice des fonctionnaires ne sont pas à la hauteur des attentes de nos concitoyens.

Cette atteinte au pouvoir d’achat est un frein au retour d'une croissance saine, susceptible de créer et de sécuriser des emplois, d'en finir avec les bas salaires et de renforcer nos ressources fiscales, pour financer des services publics de haut niveau.

Dans le même temps, les grands groupes industriels et financiers affichent pour la plupart des résultats financiers historiques, tant pour leurs bénéfices que pour les dividendes distribués.

C'est à cette contradiction que la politique gouvernementale devrait s'attaquer avec deux objectifs immédiats.

D'abord augmenter massivement tous les salaires, dont le SMIC, les pensions de retraite et les minima sociaux.

Ensuite, agir sur tous les prix en baissant sensiblement la TVA sur l'énergie, les carburants et les produits alimentaires. Cette action suppose d'une part de refonder la politique fiscale du pays, et d'autre part, au plan international, de s'attaquer enfin à tous les mécanismes spéculatifs, à l'image de ceux sur le cours des productions agricoles. C'est une question de justice fiscale à laquelle nos concitoyens sont particulièrement attachés en ces temps difficiles.

Ces mesures ne peuvent donc pas attendre le 19 juin et l'installation de la prochaine Assemblée nationale. Des millions de Français souffrent depuis de longs mois et c'est dès maintenant que des décisions radicales doivent être prises.

Je tiens également à vous exprimer mon opposition ferme au projet de réforme des retraites que le Président de la République vous demande de négocier avec les partenaires sociaux, si vous disposiez d'une majorité à l'Assemblée nationale.
Les organisations syndicales ont déjà fait connaître leur refus d'un recul de l'âge de départ à la retraite à 65 ans.  Je me félicite de l'unanimité qui se dessine pour s'opposer à cette réforme antisociale.

Elle serait injuste pour les millions de travailleurs qui aspirent à disposer d'un droit à la retraite en bonne santé. Cette réforme serait également illégitime car il est possible de financer un départ à la retraite pour toutes et tous à 60 ans, et non à 65 ans, avec des pensions dignes, en faisant cotiser le capital financier à un juste niveau et en créant massivement des emplois, dans les services publics comme dans l'industrie où les besoins sont immenses.

Je suis évidemment mobilisé pour qu'une majorité de gauche et écologiste à l'Assemblée permette, après le 19 juin, l'examen d'une véritable réforme des retraites, avec le retour à l'âge de départ à 60 ans et des pensions au minimum équivalentes au montant du SMIC.

En vous remerciant de l'attention portée et à la présente et dans l'attente de votre réponse, je vous prie de croire, Madame la première ministre, en l’assurance de ma haute considération. 

 

Fabien Roussel
Secrétaire national du PCF
Député du Nord

 

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