Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

ACTU Les Français plébiscitent la lutte contre les discriminations

21 Mars 2022, 08:18am

Publié par PCF Villepinte

RACISME En ces temps de surenchère anti-immigrés, un sondage montre que le soutien des Français aux mesures contre les inégalités basées sur l’origine supposée ne faiblit pas.

L'Humanité Publié le Lundi 21 Mars 2022 Camille Bauer

Cela peut paraître contre-intuitif, au regard de la teneur de la campagne électorale: les Français demeurent très majoritairement favorables à des actions plus volontaristes contre le racisme.

À 84%, ils soutiennent ladoption de sanctions juridiques contre les employeurs coupables de discriminations liées à l’origine, la nationalité, la couleur de peau ou la religion, selon le sondage annuel Harris Interactive pour la Fédération des Maisons des potes, rendu public ce lundi 21 mars. Ils sont également très nombreux (84%) à vouloir un salaire et une retraite égal, quelle que soit la nationalité. 79% soutiennent les actions collectives en justice (class actions) sur ce thème et 75% sont favorables à une anonymisation des CV lors des embauches.

«Ce qui est frappant, c’est que le fait de parler d’égalité et de lutte contre les discriminations est vu de manière positive, et cela de manière assez stable depuis plusieurs années», souligne Jean-Daniel Lévy, le directeur délégué de l’institut de sondage. Quoique moins massif (61%), le soutien à lintégration des étrangers dans la fonction publique reste également fort.

 «On voit pourtant, par exemple, des enseignants étrangers qui, faute de pouvoir être titularisés, travaillent comme vacataires. Ils nont pas les mêmes caisses de retraite, pas de stabilité de l’emploi et pas le même salaire que leurs collègues», rappelle Samuel Thomas, délégué général de la Fédération des Maisons des potes.

«500000 sans papiers exploités, sans le moindre droits»

Les Français semblent bien conscients que les préjugés font obstacle aux promesses d’égalité de la République. Dans son dernier rapport sur le sujet, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) notait d’ailleurs que «de façon systématique, et malgré le principe d’égalité entre citoyens, les membres de certaines minorités visibles se retrouvent plus souvent discriminés dans l’accès à l’emploi, plus souvent contrôlés par la police, moins bien logés, sous ou mal représentés dans les médias».

Plus surprenant: à rebours dune idée couramment admise, la régularisation des travailleurs sans papiers se voit soutenue à 59%. «Ce nest pas un sujet de campagne parce quil y a un discours qui dit que, si on régularise, on fait un appel dair. Mais donner des droits à ceux qui sont là ne veut pas dire ouvrir les frontières tous azimuts.

Il y a, d’après le ministère de l’Intérieur, 500000 travailleurs sans papiers. Ils sont en situation dexploitation, sans le moindre droit. En les maintenant dans cette situation, on les empêche de sortir de la précarité et on tire le droit du travail vers le bas» rappelle Samuel Thomas. Quant au droit de vote des résidents étrangers aux élections municipales, promesse aujourd’hui délaissée par toute une partie de la gauche, il est encore soutenu à 56%.

C’est pourtant bien dans l’électorat de gauche que, sans surprise, ces propositions sont le plus plébiscitées. Chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, par exemple, les mesures contre la discrimination dans l’emploi recueillent plus de 90% dapprobation. 

«Malgré tout, le clivage traverse aussi une partie de l’électorat de droite et dextrême droite», nuance Jean-Daniel Lévy. Ainsi, les électeurs de Valérie Pécresse sont 84% à vouloir une rémunération et une retraite égales, quelle que soit la nationalité, et 73% sont en faveur des CV anonymes. «La façon dont on pose les questions induit les réponses, explique le sondeur. Si vous parlez de migrants ou si vous mettez en avant l’angle discrimination, vous n’obtenez pas la même chose.»

La justice est un autre maillon faible de ce combat

Alors pourquoi ce thème populaire n’est-il plus évoqué par les politiques ou les médias? «Les forces politiques de gauche sont démobilisées sur ces sujets. Elles sont silencieuses parce qu’elles pensent que défendre des étrangers ne va pas séduire les Français, mais aussi parce que les enfants d’étrangers, les gens des quartiers, ne votent pas beaucoup», estime Samuel Thomas.

Le militant regrette qu’au fil des ans la gauche ait fini par se contenter d’une posture défensive, au lieu de porter le débat et d’amener des propositions concrètes, qui seraient soutenues par leur électorat, soucieux d’égalité. Fabien Roussel, le candidat communiste, devrait d’ailleurs se prononcer sur ce thème lors d’un prochain meeting.

La justice est un autre maillon faible de ce combat. Bien qu’en principe dans l’obligation de faire respecter la loi de 1972, sanctionnant les comportements racistes et les discours de haine, l’appareil policier et judiciaire se montre frileux. «Au lieu de leur demander dagir, on a créé des autorités adminis­tratives indépendan­tes, comme le Défenseur des droits et la Haute Autorité pour la lutte contre les discriminations et pour l’égalité. On les a déresponsabilisés. Or, seule la justice a le pouvoir de sanction», rappelle Samuel Thomas.

Face à l’inertie des parquets, qui cette année n’ont ouvert aucune poursuite sur ce thème, son organisation va déposer aujourd’hui une centaine de plaintes. Elles visent toutes des entreprises qui exigent, sans aucune base légale, que les candidats à l’embauche, de l’informaticien au laveur de carreaux, disposent de la nationalité française

 

Commenter cet article