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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Les Montreuillois : « Nous sommes la France »

14 Février 2022, 06:33am

Publié par PCF Villepinte

UN JOUR AVEC

Alors qu’Éric Zemmour crache sans arrêt sa haine sur la Seine-Saint-Denis, l’Humanité a rencontré les habitants du quartier de la Boissière. Le maire PCF, Patrice Bessac, lance un appel à «relever la tête».

Publié le Lundi 14 Février 2022 L'Humanité Lola Ruscio

Devant le fronton de la mairie, le 9 février, les habitants ont tenu à montrer la diversité culturelle de la ville. Alfred Yaghobzadeh/ABACA

À 80 ans, Giorgio pétille d’énergie. Ce militant du quotidien, cofondateur en 1989 de l’association Ensemble notre quartier, s’implique toujours autant dans la vie de la Boissière, une cité populaire du haut Montreuil. Les habitants viennent volontiers saluer ou boire un café aux côtés de l’ancien ouvrier au café-restaurant la Baraka. Assis en terrasse, celui que l’on surnomme «Geogeo» parle avec tendresse de la ville où il a grandi après avoir passé une partie de son enfance en Italie, puis en Argentine.

Il raconte la solidarité qui unit les habitants de son quartier, la Boissière, loin des clichés racistes véhiculés par Éric Zemmour. «Quest-ce quil connaît de Montreuil? De nos vies? De notre quotidien? Strictement rien. Il ny a que les bourgeois qui parlent mal de notre ville. Eux, ils ne connaissent rien au vivre-ensemble, au partage.» Avant de tirer sur sa cigarette roulée, il ajoute sur un ton grave: «Ici, plein de personnes à la couleur de peau différente cohabitent. Ça, cest la force de Montreuil.»

«Fier de notre ville»

Dans cette ville populaire de Seine-Saint-Denis, forte de ses 100000 habitants, Marine Le Pen na recueilli que 8,32 % au premier tour de l’élection présidentielle de 2017. Le candidat Zemmour a peu de chance d’enregistrer un meilleur score, tant il diabolise les quartiers populaires en les décrivant comme des zones de non-droit où vit, selon lui, une «civilisation» revancharde sur les «Français de souche». «On ne peut qu’être fier de la diversité et de la culture de notre ville, estime Nassera Definel, adjointe PCF déléguée à la vie des quartiers, aux antennes de quartiers et à la médiation. 

 Quand il dit que la Seine-Saint-Denis, ce n’est pas la République, il se trompe, parce qu’à chaque coin de rue il y a une école, un centre social.  On se bat pour ça.  » Mercredi 9 février, un rassemblement a eu lieu, à l’appel de la municipalité PCF, pour dénoncer sa venue. Des banderoles «#NousSommesLaFrance» ont été déployées sur le fronton de la mairie, et l’édile communiste, Patrice Bessac, a lancé «lappel de Montreuil» devant plusieurs centaines de personnes, encourageant les habitants à « relever la tête» pour défendre «la fraternité et l’égalité».

Sur la grande place de la ville, on rencontre Nadine, 44 ans, mère célibataire. D’origine camerounaise, elle est naturalisée, vit avec son petit garçon et se lève aux aurores tous les matins pour aller travailler comme auxiliaire de vie pour 800 euros par mois. Une vie de labeur et aujourd’hui de colère: «Zemmour dit que les immigrés ne travaillent pas, quils profitent des aides sociales, cest du grand nimporte quoi!

Je touche seulement les APL, soit 355 euros par mois, et je suis française désormais! Quand on est une maman isolée, on a besoin de cet argent pour nourrir les enfants.» Le discours du candidat d’extrême droite sur l’immigration? Elle le vit comme une humiliation. «Il dit que nos enfants sont des violeurs, des voleurs, des délinquants! Vous imaginez? Je suis obligée dexpliquer à mon fils que tout ceci est faux»

Retour à la Boissière. Après l’école, des enfants poussent la porte de la Baraka, Les petits y achètent des hamburgers, des frites, à des prix dérisoires. Les anciens, eux, boivent un café en terrasse. Franck Ewos, la quarantaine, connaît bien ce quartier, il y vit depuis une dizaine d’années. Attablé, il narre les difficultés de son quotidien. Ce père de famille vivant dans une HLM dénonce la hausse de l’électricité, des charges locatives. «Avant on payait 76 euros par mois d’électricité, explique-t-il.  Désormais, c’est presque le double, 135 euros, c’est délirant.»

«Il faut que les élusnous écoutent»

Alors Éric Zemmour, ce n’est pas sa priorité. «Zemmour ne peut pas passer ici! On perd notre temps à parler de lui, il vient clasher inutilement parce quon vit tous ensemble. Les gens ne le calculent pas, ils se demandent comment finir les fins de mois. Et puis, beaucoup se disent que leur quotidien ne va pas changer, qu’on vote Macron ou Zemmour.

La seule différence, c’est que la police va plus se lâcher sous Éric Zemmour. » L’employé du café-restaurant, qui préfère rester anonyme, se joint à la discussion. «Y en a marre dentendre ces conneries sur BFMTV ou CNews. Il faut quon soit enfin écoutés par les élus, les politiciens. À ce moment-là, les choses pourront enfin bouger.» Dans le fond de la salle, plus personne ne prête attention à l’écran, où tourne en boucle BFMTV.

 

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