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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Ignoble(s)

4 Décembre 2021, 10:54am

Publié par PCF Villepinte

L’adversaire de Zemmour-le-voilà? La République.

Clip.

 Un naufrage français en cache toujours d’autres, quand toutes les manipulations –bien plus calculées quon ne limagine se déversent sans retenue. Le clip de Zemmour-le-voilà, ayant pour fonction dannoncer sa «candidature» à la fonction suprême, dépasse l’entendement en tant que nouveau genre aussi absurde qu’accessoire.

Résumons: pour qui se prend-il, l’histrion, puisque, pour lui, tout est permis? Son métier, nous le connaissions: la haine. Sa fonction essentielle aussi: la polémique raciste, ­misogyne et pétainiste. Son rôle fondamental: distiller de lignominie pour diviser, rompre, fracturer une société pourtant malade des inégalités. Lindécence na donc plus de limite. Singer ainsi le général, celui de l’Appel du 18 juin, les yeux rivés sur son texte, devant un micro vintage, plongé dans une fausse pénombre d’heures sombres.

En vérité, tout concorde dans ce mauvais théâtre du révisionnisme ambiant, poussé jusqu’au paroxysme du ridicule et de la caricature, qui en disent long sur l’atmosphère idéologique. Une pantalonnade fétide assumée. Celle d’un néofascisme tranquille. Celle d’une extrême droite verbeuse aux références abjectes et pédantes. Sans parler des tentatives de récupération, de Barbara (qui chanta Göttingen, «les enfants sont tous les mêmes, à Paris ou à Göttingen») à Brassens, de Gabin à Sautet, de Voltaire à Rousseau…

N’en jetez plus. Les morts sont en nous et n’ont rien à voir avec cet exhibitionnisme crapuleux, eux qui, tous, auraient exécré la France vichyste, précisément celle qu’il tente à toute force de réhabiliter pour la ressusciter.

Pétainiste.

 Petit rappel, face à ce simplisme, à cette démagogie sans nom, grossière et mensongère. L’idéologue contre-­révolutionnaire Zemmour-le-voilà, directement inspiré de la «révolution nationale» pétainiste, n’emprunte pas seulement aux années 1930 les thématiques religieuses et symboliques, mais aussi les stratégies de conquête du pouvoir, offrant une «réponse» unique à tous les problèmes: l’immigré, le musulman. Comme hier avec le juif, tout devient «basique», «limpide». Aucun interdit ne l’arrête.

La preuve: il réhabilite Pétain en «sauveur de juifs français»­ –distinguant ces derniers des juifs étrangers au nom de la préférence nationale. Pourquoi cette tentative odieuse? Parce que, à ce jour, Vichy restait le mur infranchissable entre la droite et l’extrême droite. En ravivant la théorie du glaive et du bouclier, absolument délirante, Zemmour-le-voilà tient à associer dans un même «corpus historique» de Gaulle et Pétain.

Bref, rapprocher les deux droites, son obsession. Logique implacable: la France d’abord, éprise d’un continuum sans fin, où tout se vaut, même le pire. La France, oui. La République, non. Voilà l’adversaire qu’il conviendrait d’abattre: la République. L’homme n’avait-il pas déclaré, en 2019: «Le nazisme est parfois un peu raide et intolérant»?

Hanau.

 Ce clip ressemble à un évident exercice de diversion. Beaucoup porteront plainte pour «utilisation d’images non autorisées», et pour cause. Lui se drapera dans la posture «victimaire», du «pourchassé», comme le revendiqua longtemps un certain Trump. Eux contre tous. Mécanique désormais bien connue. Demeure néanmoins un paradoxe. Pour enjoliver son laïus, Zemmour-le-voilà a lorgné l’Allemagne et le Danube, en choisissant la Symphonie n°7, de Beethoven, créée à Vienne en décembre 1813 lors d’un concert patriotique donné au bénéfice des blessés autrichiens de la bataille de Hanau.

Posant devant une bibliothèque où trône une icône orthodoxe de la Vierge Marie, il assène en guise de fond sonore une musique utilisée par l’empereur d’Autriche, pour mobiliser son peuple contre la France. Une autre forme de nationalisme, vanté par Wagner, aux relents bientôt hitlériens. Un choix pas si étrange(r) que cela. Nous nous souvenons du refrain: «Radio-Paris ment», et de la suite du couplet. L’ignoble a choisi son camp. 

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 3 décembre 2021.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin 

 

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