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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Covid. Des mesures timides face à l’ampleur de la 5e vague

7 Décembre 2021, 07:23am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité  Mardi 7 Décembre 2021

Alexandra Chaignon Olivier Chartrain

Vaccination, recours accru au télétravail, léger renforcement du protocole dans les écoles… à l’issue d’un Conseil de défense sanitaire, le gouvernement a écarté de nouvelles restrictions malgré la reprise épidémique. Des choix qui posent question.

Alors que la situation sanitaire se dégrade en France et que le nombre de contaminations est en forte progression (50000 nouveaux cas quotidiens, plus de 12000 personnes hospitalisées pour une infection liée au Covid, dont plus de 2200 en soins critiques un seuil qui navait pas été atteint depuis la fin août), lexécutif nenvisage pas à ce stade dimposer de nouvelles restrictions. «La situation est tendue, mais elle n’est pas la même qu’il y a un an», a reconnu le premier ministre, grâce à la vaccination. «Lheure nest pas aux mesures de jauge, confinement et couvre-feu», a-t-il insisté. Pour «ralentir le niveau de circulation du virus», l’exécutif mise à ce stade sur des «mesures de vigilance à lapproche des fêtes de fin dannée», et notamment l’amplification du bouclier vaccinal. Le gouvernement appelle aussi les entreprises à renforcer le recours au télétravail, deux ou trois jours par semaine quand cela est possible, et, comme d’habitude, encourage les gestes barrières, évoquant «lesprit de responsabilité de chacun». Seule «exception» au principe de restriction, les discothèques fermeront à compter de vendredi jusqu’à début janvier.

Priorité de façade à l’éducation

En revanche, dans les écoles primaires, pas grand-chose ne change, alors que c’est là que les contaminations explosent. Le premier ministre l’a répété: «Notre priorité et notre boussole, cest de préserver l’éducation de nos enfants.» Sauf que, dans les faits, on en est loin. Si le nombre de classes fermées pour cause de Covid a été divisé par deux, passant à 4578 le jeudi 2 décembre contre 8890 une semaine auparavant, la situation sanitaire est inversement proportionnelle: vendredi 3 décembre, le nombre de cas positifs parmi les élèves était de 33550. Selon les derniers chiffres de Santé publique France publiés vendredi, le taux dincidence chez les 6-12 ans continue de progresser, à 663 pour 100000, soit + 92 % en une semaine! Et le personnel de l’éducation nationale n’est pas épargné, avec 385 cas supplémentaires en vingt-quatre heures en fin de semaine.

Qu’importe, donc, pour le gouvernement qui se contente de renforcer très légèrement le protocole sanitaire en vigueur, avec un passage au niveau 3 à compter de jeudi 9 décembre: soit le retour au port obligatoire du masque pour tous dans les espaces extérieurs (seulement à lintérieur pour le niveau 2) et la limitation du brassage par classe (et non plus par niveau) lors des temps de restauration. Ni le retour au principe de fermeture de la classe, le premier cas confirmé, que réclament plusieurs syndicats, ni l’avancement d’une semaine des vacances de Noël ne semblaient envisagés. Pas question, donc, de revenir sur la position «école ouverte» soutenue par le ministre de l’Éducation nationale. Ce qui laisse apparaître le fameux protocole comme un instrument non pas sanitaire, mais politique, ayant pour fonction de camoufler l’ampleur de la contamination scolaire et non de la réduire.

Un dépistage famélique

Il faut ajouter à cela le refus persistant de mesures de protection qui auraient dû être mises en œuvre de longue date: installation de capteurs de CO2 dans les lieux fermés, systèmes daération. Et un dépistage famélique: 200000 tests péniblement effectués la semaine dernière alors que 600000 étaient promis dès janvier dernier Le gouvernement a-t-il décidé de laisser l’épidémie s’étendre à l’école et dexposer ainsi les enfants au virus, reprenant à son compte sans lassumer la très discutable théorie de «limmunité naturelle», défendue notamment par la Société française de pédiatrie, à contre-courant du Haut Conseil de santé publique et du Conseil scientifique lui-même? La revue médicale Caducée posait cette question dès le 2 décembre, rappelant au passage que le Covid n’épargne pas les enfants, les hospitalisations pédiatriques montant en flèche et 4 à 13 % d’entre eux, selon l’âge, étant atteints de «Covid long». Si cela devait se confirmer, ce serait médicalement critiquable, éthiquement scandaleux et démocratiquement indéfendable.

Quant à la vaccination des 5-11 ans, elle sera ouverte pour les plus vulnérables à partir du 15 décembre. Pour l’ensemble de cette classe d’âge, le gouvernement attend les avis du Conseil national d’éthique et de la Haute Autorité de santé et l’envisage «si possible dici la fin de lannée». 

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