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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

38 millions de français-e-s vivent avec moins de 2000 € net

22 Octobre 2021, 13:34pm

Publié par PCF Villepinte

Pouvoir d’achat. Un simple chèque de 100 euros face à la hausse continue des prix

Vendredi 22 Octobre 2021

Julia Hamlaoui Diego Chauvet

Devant la flambée des tarifs des carburants, le premier ministre a annoncé, jeudi soir, une aide pour les Français gagnant moins de 2000 euros net par mois. Lexécutif exclut de jouer sur le levier fiscal.

Son tour de passe-passe fin septembre sur le prix du gaz a laissé un goût amer à tous ceux qui voient arriver l’hiver avec angoisse. Le premier ministre était donc attendu au tournant sur la flambée des tarifs des carburants. Car, après les 12,6 % supplémentaires du 1er octobre sur les factures de gaz (57 % depuis janvier), l’augmentation attendue de 4 % de l’électricité dans la foulée du bond de 21,4 % entre 2010 et 2020, les prix à la pompe s’envolent eux aussi. Les niveaux sont historiquement hauts, à 1,56 euro le litre de gazole en moyenne, et 1,62 euro pour l’essence sans plomb, soit 12 % de plus en six mois. Avec cette note des plus salée pour l’énergie, nombre de ménages ne s’en sortent pas. Au point que la préoccupation du pouvoir d’achat est plus que jamais au premier plan (+ 12 points par rapport à juin, selon une enquête Elabe) et que le spectre des gilets jaunes hante un gouvernement qui temporise sur des annonces «imminentes» depuis plus d’une semaine.

«Indemnité classe moyenne»

Cette fois, c’est chose faite. Comme le 30 septembre dernier, le premier ministre s’est invité jeudi soir sur le plateau de TF1 pour présenter les arbitrages retenus par l’exécutif. «Nous sommes revenus à des montants très élevés, légèrement au-dessus des prix à lautomne 2018 (au lancement du mouvement des gilets jaunes – NDLR)», a-t-il reconnu au 20 Heures avant d’annoncer une «indemnité classe moyenne»«Nous avons décidé dune sorte dindemnité inflation de 100 euros qui sera versée aux Français qui gagnent moins de 2000 euros net par mois», a détaillé Jean Castex, estimant à «80 euros en moyenne» le supplément sur la facture d’essence. Devraient être concernés 38 millions de Français, «dabord ceux qui travaillent» mais aussi les «chômeurs en recherche active demploi» ou encore les retraités. L’aide ne sera pas réservée aux automobilistes: une façon, selon lhôte de Matignon, d’éviter «une usine à gaz» et de répondre à «la question de linflation (qui) ne concerne pas que les produits pétroliers». Et ce sont d’abord les salariés du privé qui devraient en bénéficier en décembre directement sur leur fiche de paie. Les fonctionnaires devront attendre janvier et les retraités «peut-être un peu plus tard».

Face aux gilets jaunes, le gouvernement avait consenti des aides à hauteur de 17 milliards, quand cette mesure de 100 euros se monte au total à 3,8 milliards, dont une partie proviendra du surcroît de TVA. Pour le reste, «il nous appartient de (le) financer», a laconiquement lâché le premier ministre, tout en précisant que «lobjectif» de déficit sera tenu.

Pas de baisse des taxes

Sur le principe, un chèque de ce type a reçu le soutien des écologistes. «Trop peu, trop tard, dans la plus grande des improvisations», a cependant réagi le secrétaire national d’EELV, Julien Bayou. Le montant aurait dû être, selon Yannick Jadot, de 400 euros pour les foyers les plus modestes et de 100 euros pour les classes moyennes. Loin des annonces de Matignon.

À l’instar de la stratégie du «bouclier tarifaire» sur les prix du gaz pour lequel avait été retenu un lissage des prix, dont la facture sera in fine payée par les consommateurs, pas question en revanche de baisser les taxes. Une «solution de facilité» qui «coûte très cher», avait déjà estimé Bruno Le Maire. «Quand on a utilisé la baisse des taxes, de lavis général ça na pas marché», a renchéri Jean Castex, qui a au passage annoncé que le blocage des prix du gaz serait prolongé jusqu’à la fin de l’année.

Depuis des jours, les idées ne manquent pourtant pas. «Je propose une taxe flottante sur lessence financée sur les dividendes des compagnies pétrolières», a défendu le candidat communiste à la présidentielle, Fabien Roussel, qui appelle à des mobilisations devant les préfectures contre la vie chère. L’insoumis Jean-Luc Mélenchon veut, de son côté, bloquer les prix comme cela a été fait «sur les masques et le gel» au moment du Covid, quand Anne Hidalgo souhaite une baisse des taxes sur les carburants «pour raccrocher les catégories populaires à la transition écologique».

Quant à l’augmentation des prix, le ministre de l’Économie a d’ores et déjà indiqué qu’il ne voyait «pas damélioration avant la fin de lannée 2022, au mieux». La bataille du pouvoir d’achat est loin d’être finie.

 

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