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Fiscalité. À Venise, le carnaval des hypocrites du G20

11 Juillet 2021, 07:28am

Publié par PCF Villepinte

Le G20 des ministres des Finances se réunit sous présidence italienne. (Photo Alberto PIZZOLI / AFP)

L'Humanité Vendredi 9 Juillet 2021

Pierric Marissal

Les ministres des finances des pays riches se réunissent ce week-end avec notamment l’idée de lever les dernières résistances à leur projet de taxation a minima des multinationales, déjà réduit à peau de chagrin.

«La France va se battre pour que cet accord soit conclu au G20 de Venise. La France va aussi se battre avec beaucoup de force pour que le taux de la taxation minimale [sur les bénéfices des multinationales ndlr] soit supérieur à 15 %», a affirmé Bruno Le Maire en réponse à une question de lAFP lors dun point presse qui sest tenu mardi.

Cest pourtant ce même Bruno Le Maire qui a rué dans les brancards lorsqu’à l’OCDE, un taux minimal d’impôt sur les sociétés de 25 % était discuté. Encore lui qui estimait que les 21 % proposés il y a tout juste un mois par les États-Unis étaient encore trop hauts… Le ministre français de l’Economie mise sur l’absence de mémoire de la presse, maintenant que l’accord est quasiment bouclé, pour s’offrir une image de progressiste à bon compte, alors que les contours de ce projet de taxe sur les multinationales sont discutés ce week-end au G20 de Venise, dernier tour de discussions avant sa ratification en octobre.

Il reste néanmoins quelques résistances. Un club de paradis fiscaux, mené par l’Irlande, rassemblant notamment la Hongrie, l’Estonie, la Barbade et Saint-Vincent-et-les-Grenadines, rechignent. Ils espèrent créer de nouveaux trous, négocier quelques exemptions, pour préserver leur attractivité fiscale.

Des pays en développement, comme le Nigeria et le Kenya, n’ont pas signé non plus, mais pas pour les mêmes raisons. C’est qu’ils ne profiteront globalement pas dans ce surplus fiscal. 40 % de la population mondiale la plus pauvre devra se partager, selon les projections de l’OCDE, 2,4 milliards d’euros à l’année, soit à peine un euro par citoyen, quand les 8 états les plus riches récupéreront, eux, plus de 50 milliards.

Un vrai problème lorsqu’on sait que proportionnellement, ce sont les pays en développement qui souffrent le plus de l’évasion fiscale des multinationales. En plus, les gouvernements devront mettre fin aux taxes spécifiques, comme celles portant sur les services numériques, présentes en France (la taxe Gafa), mais aussi dans une grosse dizaine de pays africains.

Pour tenter de faire passer la pilule de cet accord injuste auprès des pays les plus pauvres en pleine crise économique et sanitaire, les ministres des finances des 19 pays les plus riches et de l’Union Européenne vont discuter d’une nouvelle émission de droits de tirage spéciaux (DTS), au profit des plus vulnérables.

Derrière ce nom technique se cache la monnaie du Fonds monétaire international (FMI). Adossée aux grandes banques centrales émettrices de monnaie (euro, dollar, livre, yen et yuan), ces fonds servent soit de monnaie de réserve, pour stabiliser la valeur de la monnaie intérieure, soit sont dépensées pour financer des investissements.

Le G20 réfléchit ainsi à mobiliser un peu plus de 80 milliards d’euros en DTS, dès le mois d’août. Soit à peine une année de revenu de taxe sur les multinationales, dont les pays pauvres ne verront globalement pas la couleur.

Pierric Marissal

fiscalité

 

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