Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Le PCF franchit une nouvelle étape vers 2022

14 Mars 2021, 07:54am

Publié par PCF Villepinte

Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel @- AFP - CHARLY TRIBALLEAU

L'Humanité secrétaire national du PCF Fabien Roussel @- AFP - CHARL Samedi 13 Mars 2021

Julia Hamlaoui

En vue de sa conférence nationale du mois d’avril, le conseil national du PCF a adopté ce samedi un projet de texte d’orientation pour les élections présidentielle et législatives. La direction de la formation s’est majoritairement prononcée en faveur d’une candidature communiste. Fabien Roussel a confirmé sa disponibilité.

Le PCF prépare activement sa conférence nationale du mois d’avril durant laquelle sa stratégie pour les élections présidentielle et législatives de 2022 sera débattue. Ce samedi, son Conseil national a adopté le texte qui servira de socle à ces échanges. Le document propose une candidature communiste pour la présidentielle et un «pacte dengagements» aux autres forces de gauche en vue des législatives.

Avec un objectif: «contribuer au surgissement du très grand mouvement populaire qui fait défaut au pays depuis tant d’années pour le débarrasser du pouvoir en place, battre la droite et l’extrême droite, créer les conditions du changement tant attendu par des millions d’hommes et de femmes».

«Nous avons une grande ambition pour le pays, nous entendons de toutes nos forces agir en faveur dune politique qui tire jusquau bout les leçons de la pandémie et qui semploie à conjurer la crise dévastatrice qui sannonce dès à présent», résume Christian Piquet, en charge de la commission de rédaction de ce texte.

«Le choix, en 2022, ne saurait se réduire au duo Macron-Le Pen, ni à la nécessité de consentir à des opérations de sommet bâclées, ne permettant pas de répondre aux exigences populaires. Ne nous laissons pas prendre au piège institutionnel qui réduit l’enjeu de la présidentielle à son second tour», invite le texte estimant que «le rôle du PCF est décisif» pour «créer les conditions dune alternative de gauche sappuyant sur le mouvement populaire».

Lançant un «appel» au «monde du travail et de la création, à la jeunesse, à toutes les femmes et à tous les hommes de gauche, à celles et ceux qui sont en colère ou qui attendent des réponses à leurs aspirations», il résume la vocation dune candidature communiste: à savoir «proposer une nouvelle offre politique, enclencher une véritable dynamique de changement à partir de l’élection présidentielle, favoriser ce faisant le rassemblement autour dune perspective de transformation de la société, construire les conditions d’une nouvelle majorité politique de gauche».

Face au piège du présidentialisme, cette candidature irait de pair, propose encore le texte, avec «un pacte dengagements législatifs communs pour une majorité de gauche à lAssemblée nationale» avec «toutes les forces qui sy montreront prêtes, en lien avec le mouvement populaire, et sur la base de mesures remettant en cause les logiques capitalistes». En clair: la candidature communiste, qui sajouterait à celle déjà déclarée de Jean-Luc Mélenchon (FI), à celle à venir d’EELV et à celle plus que probable du PS, ne fermerait pas la porte à un accord pour les élections législatives.

En parallèle, un appel interne à candidature en vue de la présidentielle a été lancé et, pour l’heure, trois prétendants se sont fait connaître: Emmanuel Dang Tran, Grégoire Munk, et Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF.

Ce dernier a également fait part de sa proposition par courrier aux militants communistes. «Je suis prêt. Pas pour une candidature de témoignage. Pas pour faire de la figuration. Mais pour faire le score le plus important qui soit, créer une dynamique. Je suis prêt à m’engager parce que j’ai la conviction que notre pays, la gauche en a besoin, a besoin d’un projet et de propositions révolutionnaires, populaires, à la hauteur de la crise que nous vivons», a-t-il expliqué samedi.

«Je veux pouvoir présenter notre projet aux Français pendant la présidentielle et en même temps, dialoguer avec les autres forces politiques de gauche pour construire avec elles un pacte en vue des législatives car aucune force politique ne sera majoritaire toute seule à l’assemblée nationale», poursuit le député du nord qui estime également que «repousser notre choix au dernier trimestre, cest trop tard pour être en campagne, pour réussir à prendre toute notre place dans le débat, alors même que d’autres candidats seront déjà en campagne depuis des mois».

La décision de la direction du PCF ne va cependant pas sans débat. Tout en saluant un «climat fraternel» après les tensions provoquées par ces questions lors de la dernière présidentielle et du 38 econgrès, «il ny a pas dhomogénéité», a souligné la sénatrice Éliane Assassi qui coordonne avec Christian Picquet la commission en charge de la rédaction du texte d’orientation.

Deux propositions soumises au vote samedi n’ont pas été retenues mais pourraient refaire surface dans les prochaines semaines. La première, défendue notamment par le député André Chassaigne, l’économiste Frédéric Boccara ou la responsable à l’organisation régionale Evelyne Ternant, résout de ne concrétiser la démarche de rassemblement en vue des législatives qu’à l’issue de la présidentielle. La seconde présentée par le président du conseil national, Pierre Laurent, incluait une «clause de revoyure» aux choix opérés, dans l’éventualité où les «conditions politiques le permettent et le nécessitent».

Le document soumis au débat comprend d’ailleurs une «option alternative» sur la stratégie à adopter pour 2022. Celle-ci préconise «le choix dune démarche dalliance et de coalition, dans la clarté dun projet de rupture», dès «le premier tour de l’élection présidentielle, et indissociablement aux élections législatives». «Pour y parvenir, nous nous proposons dinterpeller et de rencontrer forces de gauche et acteurs du mouvement social pour construire une stratégie partagée» autour de «10 mesures majeures» et dune «majorité parlementaire respectueuse de la diversité de la gauche et du mouvement social». 

Puis «sur la base de cette démarche partagée, convenir du nom qui figurera sur le bulletin de vote à la présidentielle». Ses partisans arguent du risque de voir la gauche à nouveau éliminer du second tour et des rassemblements possibles lors dautres scrutins, notamment aux régionales. Minoritaire au sein de la direction communiste, cette option a recueilli 45 voix, contre 68 pour une candidature communiste (et 18 abstentions).

Les deux options s’inscrivent dans un texte qui brosse, outre le contexte politique tel que l’analysent les communistes, une série de «choix de transformations révolutionnaires pour sortir de la crise». Allant d’«un nouvel âge de la Sécurité sociale» à «une révolution du travail et de lemploi, avec en son cœur lidée de sécurité de lemploi et de la formation» en passant par «un nouveau mode de production et de consommation, liant transition écologique, réindustrialisation, nouvelles coopérations internationales», liste, parmi une dizaine de points clés, Christian Picquet.

«Ces objectifs vont de pair avec les moyens permettant de les arracher: la nécessaire prise de pouvoir sur le capital et une refondation de la démocratie, avec de nouveaux pouvoirs pour les citoyens et les salariés, dans la perspective dune VI e République», ajoute-t-il, y voyant «loriginalité de la démarche» communiste pour 2022.

Désormais, ce sont les militants qui ont la main localement. Le texte sera soumis à leur discussion en vue de la conférence nationale des 10 et 11 avril qui doit réunir 1000 délégués, par un système de réunions décentralisées en visio. «Cest loccasion de montrer que la démocratie est bien vivante, quelle peut et doit vivre», espère Fabien Roussel. Cette assemblée se prononcera à son tour mais les militants communistes auront le dernier mot lors d’un vote du 7 au 9 mai.

 

 

Commenter cet article