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Apl. En pleine crise, de jeunes actifs privés d’allocation

22 Février 2021, 13:30pm

Publié par PCF Villepinte

 

L'Humanité Lundi 22 Février 2021

Paul Ricaud

Au début de son mandat, Emmanuel Macron supprimait l’ISF et réduisait de 5 euros les aides personnalisées au logement. Depuis janvier, un nouveau calcul de cette allocation frappe les jeunes travailleurs au porte-monnaie.

Du jour au lendemain, des pertes de plusieurs centaines d’euros par mois. C’est ce qu’ont pu constater, aux alentours du 5 février, une large part des allocataires, habitués à percevoir leur aide personnalisée au logement (APL). Les jeunes travailleurs sont les premiers à souffrir de cette réforme, quand ils comptent aussi parmi les plus touchés par la crise économique.

Jusqu’ici, le montant de l’allocation la plus répandue de France était calculé à partir des revenus du ménage. Depuis le début de l’année 2021, elle est «contemporanéisée»: les revenus des douze derniers mois sont pris en compte et actualisés tous les trimestres. Derrière cette «aide ajustée en temps réel», qui a pu augmenter le montant de l’allocation auprès de certains, se cache un nouveau coup porté au budget de nombreux jeunes allocataires.

À lire aussi : Le soutien aux moins de 25 ans tarde à se faire sentir

Cloé a 20 ans. En janvier, cette étudiante en contrat d’alternance touchait 220 euros d’APL. Un mois plus tard, le nouveau calcul lui a fait perdre 200 euros par mois. Brutalement, elle a dû continuer de s’affranchir de frais de logement de 500 euros toutes charges comprises, avec 29 euros pour seule aide au logement. En ajoutant au loyer le remboursement de la voiture, qui lui sert à travailler, et le coût de la vie quotidienne, les dépenses de Cloé dépassent très vite le cadre de son budget. 

«  J’ai travaillé pendant mes vacances d’été, puis quelques fois, en plus de mon alternance, donc j’ai gagné trop d’argent pour continuer à toucher l’APL», explique-t-elle. Apprentie éducatrice spécialisée en Charente-Maritime, la jeune femme en est aux prémices de sa vie d’adulte, indépendante de ses parents. Elle comptait sur l’APL pour lui permettre de vivre de son salaire de 700 euros par mois. Le fruit de quelques semaines de CDD accumulées en 2020 aurait dû lui servir à assurer ses arrières et à financer des projets de vacances ou de stages à l’étranger.

Maintenant qu’elle doit puiser dans ses économies tous les mois et compter chaque euro, la perte d’un cinquième de ses revenus a changé sa manière de vivre: «  J’évite de sortir me balader pour ne pas être tentée par les achats et je surveille tout le temps mon compte en banque, c’est beaucoup de stress. Heureusement, il n’y a pas beaucoup de loisirs en ce moment.»

 

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