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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Première victoire pour les opposants au grand hôpital

13 Janvier 2021, 08:06am

Publié par PCF Villepinte

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Saint-ouen Par Anthony Lieures

Le Parisien 13.01.2021

Première victoire pour les opposants au grand hôpital

 Une multitude de réunions visant à entériner un projet déjà choisi d’avance, C’est le sentiment que pouvaient avoir certains des participants aux débats concernant le futur campus hospitalo-universitaire de Saint-Ouen. La commission nationale du débat public a obtenu de l’AP-HP qu’elle accepte l’étude d’un contre-projet pour le campus hospitalo-universitaire. Un atelier aura lieu le 19 janvier.

Ce dernier doit naître de la fusion des hôpitaux Bichat (Paris, XVIII) et Beaujon (Clichy, Hauts-de-Seine) d’ici à 2028. Il accueillera aussi quelques 12 500 étudiants en médecine de l’université Paris-Diderot.

Mais un petit événement interviendra le 19 janvier. A la demande de la commission nationale du débat public (CNDP), qui veille au bon déroulé de cette concertation, un atelier sera organisé pour échanger autour d’un ou de plusieurs contre-projets, présentés par des opposants. La demande, ancienne, avait été renouvelée lors d’un débat animé début novembre. « Même si des participants ont eu l’occasion de faire connaître leurs positions alternatives lors de leurs interventions pendant la concertation […], celles-ci n’ont pas été formellement présentées au public », reconnaît aujourd’hui l’Assistance publique Hôpitaux de Paris (AP-HP), maître d’ouvrage du programme avec Université de Paris.

 « C’est une première victoire, apprécie Denis Vemclefs, conseiller municipal d’opposition (DVG). La garante du débat public (NDLR : la politologue Fatima Ouassak) a quand même obligé l’AP-HP à reconnaître qu’elle voulait imposer son idée par la force et qu’il fallait accepter d’ouvrir la porte à d’autres propositions. »

Moins d’un mois pour d’autres propositions

« Les maîtres d’ouvrage ont bien compris qu’il n’était pas possible, pour les personnes qui remettaient totalement en question l’opportunité du projet, de s’exprimer dans de bonnes conditions, confirme Fatima Ouassak. J’ai donc proposé cet échange, qu’ils ont fini par accepter, et c’est assez exceptionnel, note-t-elle. Car il faut bien comprendre que ce n’est pas facile, pour eux, d’organiser un temps complet dédié à la remise en cause totale de leur programme. »

Denis Vemclefs regrette toutefois que les délais aient été très contraints pour présenter ce contre-projet. « La garante nous a prévenus le 22 décembre que les maîtres d’ouvrage acceptaient ce débat, sachant que l’on devait rendre notre dossier mardi, précise Denis Vemclefs, déterminé à relever le défi. On a eu le sentiment qu’on nous tendait un piège pour que l’on refuse… » (NDLR : hier).

 Le conseiller municipal rappelle l’immense différence de moyens entre les porteurs de projet et les citoyens qui s’y opposent : « L’AP-HP y travaille depuis 2013, avec des équipes permanentes, ce qui n’est pas du tout notre cas… » Les opposants proposeront donc un dossier qui « ne sera pas abouti », préviennent-ils, et demanderont surtout aux maîtres d’ouvrage de mettre au travail leurs équipes pour jauger de sa faisabilité. En 2019, l’AP-HP et Université de Paris avaient déjà été sévèrement épinglées par la CNDP.

Les deux garants nommés par la commission — la journaliste Laurence Madoui et le coach Jean-Pierre Tiffon — avaient démissionné, estimant que « les conditions d’une bonne information du public et de son dialogue avec les porteurs du programme n’étaient pas garanties ». De fortes critiques avaient notamment émergé lors de l’enquête préalable à la qualification de projet d’intérêt général. Au moment de leur démission, les ex-garants en témoignent dans leur rapport : « 91,6 % des 108 contributions reçues expriment une hostilité au dossier. C’est pourtant au vu de ces avis qu’un arrêté préfectoral qualifie d’intérêt général le projet, début juin 2019. ». Emplacement en plein centre-ville, sur le site actuel de PSA, fermeture de plusieurs centaines de lits liées à la fusion des deux hôpitaux… les griefs sont multiples.

Cent lits ajoutés après la crise sanitaire

 Début novembre, les maîtres d’ouvrage avaient pourtant annoncé l’augmentation de près de cent lits de plus que ce qui était prévu : 994, contre 898. Le tout après la douloureuse expérience de la crise sanitaire liée au Covid-19. « Mais cela fait toujours 400 lits de mois que Beaujon et Bichat », rappelle Denis Vemclefs.

Pour la nouvelle garante, Fatima Ouassak, cela démontre toutefois que l’AP-HP et Université de Paris ont « déjà remis en question leur projet ». Elle considère donc que le débat n’est pas encore clos. Est-ce qu’il est encore temps de bloquer ce projet ? » « Je me souviens que le député (LFI) Eric Coquerel avait répété plusieurs fois en réunion : « Oui, évidemment, puisqu’on est dans un temps de post-concertation, il est encore temps. »

 Défenseur de longue date du dossier, le maire (PS) de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, dit également qu’il faut « entendre ces craintes » concernant ces diminutions du nombre de lits. « On a toujours été pour car nous sommes favorables à une politique qui permet d’améliorer l’accès aux soins, rappelle-t-il. Et il y a deux critères sur lesquels on peut agir quand on construit un hôpital : les nombres de lits et de personnels. » Dans les prochains jours, la nouvelle municipalité rencontrera le directeur de l’AP-HP, Martin Hirsch. « Et nous lui tiendrons ce discours, poursuit l’élu. Si jamais le nombre de lits devait être incompressible, on demandera à l’AP-HP comment elle peut nous assurer que l’accès aux soins va progresser au regard du nombre de personnels dédiés aux malades ou concernant le type de maladies qui seront traitées. Il faut que cela ait du sens pour nos seniors, nos jeunes, nos populations précaires… »

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