Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

CONVERGER

31 Août 2020, 06:16am

Publié par PCF Villepinte

 

L'Humanité.

Les partis de gauche, PCF, FI et EELV, qui tenaient leurs universités d’été ce week-end, ont pris la mesure du mécontentement qui monte face aux attaques du gouvernement Macron. Et esquissent leur avenir.

 

«Laddition des mécontentements est flagrante. Elle se mesure à des niveaux impressionnants dans toutes les catégories de la population», analyse dans le JDD Frédéric Dabi, de lIfop. Cette chute de confiance des Français envers le président de la République, les communistes réunis à Angers (Maine-et-Loire) pour leur université d’été l’ont pleinement intégrée. Contre la réforme du Code du travail, les coupes budgétaires, la baisse des APL et la hausse de l’ISF, ils ont répondu à l’appel à la mobilisation de leur secrétaire national (lire page 6).

«Si on reste chez nous et qu’on se contente de se plaindre sur Facebook, rien ne changera. Faut mettre la pression dans la rue», assure Aziza, jeune communiste. Sur le campus, nombreux sont ceux qui estiment quil ne suffira pas de sopposer aux réformes annoncées pour renverser les rapports de forces. «On ne doit pas seulement protéger les 35 heures, mais convaincre que le vrai progrès cest de permettre à tous de travailler moins en vivant bien», insiste Yann. «Il faut riposter mais aussi être à loffensive, car le macronisme continue de travailler les consciences», abonde Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF.

 «Être en toutes circonstances des bâtisseurs de commun»

 

Quant aux relations avec le reste de la gauche, si certaines blessures ont du mal à cicatriser, le dirigeant du PCF Pierre Laurent a appelé à «être en toutes circonstances des bâtisseurs de commun». Reste que la France insoumise na pas répondu à linvitation du PCF à Angers, contrairement à Ensemble!, EELV et au PS. Au nom de ce dernier, le député Luc Carvounas a dit croire que «la gauche est forte quand elle se rassemble». Mais il en a pris pour son grade: «Tous les jours je côtoie la misère humaine alimentée par votre politique daustérité des cinq dernières années. Aujourdhui vous parlez de la gauche, on a le même mot mais pas la même définition», reproche un communiste du Doubs, avant de lancer quil faut «reconstruire à partir des vraies valeurs de gauche».

Un chantier qui prendra du temps, selon Pierre Laurent. «Le PCF et notre projet de transformation sociale concrète ne sont pas solubles dans le populisme de gauche. Je ne dis pas cela pour créer je ne sais quelle polémique. Je dis cela pour souligner l’atout que représente le Parti communiste et l’originalité de sa démarche», assure-t-il. «La tentation de s’ignorer ne durera pas longtemps» «Notre point de départ, cest que les gens subissent les coups du pouvoir Macron. On va construire la riposte», estime celui qui invite toutes les forces de gauche à la Fête de lHumanité pour y travailler.

Les écologistes aussi, bien qu’empêtrés dans leurs débats de lignes, ont dessiné des pistes de rassemblement à gauche (lire page 7). À Dunkerque, où se tenait leur rassemblement, ce qui se passe du côté de Benoît Hamon est plutôt regardé avec bienveillance. Mais la portée de ce que propose l’ancien candidat du PS est encore floue, estiment-ils. «Ça peut finir en un nouveau PSU comme en vraie fédération de la gauche», ironise Jean-Louis, quand Sébastien souligne des relations «plus compliquées avec la France insoumise».

Le mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon tenait, lui, ses universités à Marseille. «Nous sommes la grande force d’opposition à Emmanuel Macron, affirme le député FI  contre-société, un modèle alternatif, et de prendre le pouvoir dans cinq ans. D’ici là, on va se battre pour que le gouvernement ne puisse pas pourrir la vie des gens et détruire le Code du travail. C’est le sens de notre appel à manifester le 23 septembre.» Soit six jours après la mobilisation du 17 à lappel de la CGT et SUD, dont Jean-Luc Mélenchon na pas dit un mot durant son discours de clôture, hier, quand il a appelé à ce que «le peuple déferle à Paris contre le coup d’État social».

«Le clivage peuple contre oligarchie est le plus audible», selon la FI.

 Reste la façon de s’adresser à ce peuple pour emporter son adhésion. «Le problème cest comment on parle aux gens», estime le député FI François Ruffin. Selon la sociologue Chantal Mouffe, théoricienne d’un «populisme de gauche» à la française, «il y a une partie des classes sociales qui narrivent plus à sexprimer dans la représentation politique et dans le clivage gauche-droite». «Ce qui compte, cest d’être efficace. Le clivage peuple contre oligarchie est aujourd’hui le plus audible», mesure Bastien Lachaud. Liem Hoang Ngoc va lui encore plus loin: «Le peuple associe une partie de la gauche à loligarchie. Ceux qui défendent une unité entre le PS, le PCF et EELV représentent quelque chose que les électeurs ne veulent plus. Il faut que l’on remplace encore plus la vieille gauche, et que le PCF rejoigne la FI s’il veut être utile.»

L’effacement des partis, terme qui «renvoie à la bureaucratie, à une absence de liberté, à une obligation de discipline», selon Cédric, militant, au profit de mouvements qui font «tomber toutes les barrières qui empêchent les citoyens de sinvestir», est toujours en ligne de mire. Mais dautres cadres de la FI composent, dans la perspective des luttes sociales qui s’annoncent. «On ne part jamais de rien. Il y a des traditions, des repères, des attachements, des cultures et je les respecte», estime la députée FI Clémentine Autain, qui appelle à des passerelles et dont le mouvement, Ensemble!, doit déterminer en octobre sil intègre la FI.

 «On nexclut pas de travailler avec les autres à chaque fois que c’est possible, comme on le fait avec les communistes à l’Assemblée nationale, explique le député Ugo Bernalicis. On n’est pas sectaires, on a signé un recours constitutionnel contre la loi travail avec le PCF et le PS…» Quand les intérêts à se battre ensemble convergent, comme ce sera le cas sur la loi travail XXL, le rapprochement s’imposera naturellement.

Julia Hamlaoui, Grégory Marin, Aurélien Soucheyre et Lionel Venturini

 

Commenter cet article