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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Remaniement. Emmanuel Macron met Matignon au pas

6 Juillet 2020, 06:57am

Publié par PCF Villepinte

Lundi, 6 Juillet, 2020

Emilio Meslet

En nommant Jean Castex premier ministre, le chef de l’État entend reprendre ses réformes à marche forcée et se place en hyperprésident avant 2022.

Trop populaire. Trop d’influence à droite. Trop ambitieux. Édouard Philippe, crédité de 50 % d’opinions positives, ne pouvait pas rester à Matignon. Il risquait de faire de l’ombre à un président de la République déjà en campagne pour sa réélection. Emmanuel Macron a donc préféré s’en séparer, «dun commun accord», nous dit-on. À sa place, il a préféré installer un illustre inconnu: Jean Castex, ancien «M. Déconfinement» de lexécutif et délégué interministériel aux jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.

Jupiter pousse à son paroxysme la monarchie élyséenne

Un exécutif à deux têtes? Très peu pour Emmanuel Macron. Avec 2022 en ligne de mire, le chef de l’État occupera tout le terrain politique, laissant les miettes à un nouveau premier ministre au poids politique proche de zéro. Jupiter concentrera les pouvoirs, poussant à son paroxysme la monarchie présidentielle: il sera à la fois président, premier ministre et candidat. À peine nommé, le technocrate Jean Castex doit se défendre d’être le simple exécutant des décisions élyséennes. «Ma personnalité nest pas soluble dans le terme de collaborateur», assure-t-il au Journal du dimanche (JDD). Il sera pourtant surveillé de près par deux proches d’Emmanuel Macron: Nicolas Revel et Mathias Ott. Le premier, ancien secrétaire adjoint de l’Élysée sous François Hollande que le président a tenté dimposer sans succès à Édouard Philippe en 2017, est nommé directeur de cabinet et le second, conseiller «cohésion des territoires et logement» du chef de l’État, prend le poste de chef de cabinet. Le président de LR, Christian Jacob, pourtant ancien parti de Castex jusqu’à vendredi, voit déjà en lui un «non-premier ministre».

Aucun virage à gauche, cap à droite

Ce changement à la tête du gouvernement est censé lancer l’acte II du quinquennat d’Emmanuel Macron. Un prétendu virage plus social et vert, dont le coup d’envoi devait être le discours présidentiel devant la convention citoyenne pour le climat. Beaucoup s’attendaient à un (léger) coup de barre à gauche, répondant aux aspirations exprimées par les Français aux élections municipales, avec une figure de l’écologie pour premier ministre. Il n’en sera rien. «Jean Castex est dans une parfaite continuité politique avec Édouard Philippe. Ni lun ni lautre nont jamais marqué un quelconque intérêt pour le climat ou la biodiversité», tacle Yannick Jadot, eurodéputé EELV, qui ne semble pas croire un mot du mantra «agir pour lenvironnement nest pas une option, cest une obligation», énoncé par le nouveau premier ministre dans le JDD

Vieilles recettes libérales et nouvel acte de décentralisation.

« Le cap sur lequel je me suis engagé en 2017 reste vrai » persiste le chef de l’Etat. Il fixe la feuille de route : santé, grand âge et dépendance, jeunesse et égalité des chances, relance économique et emploi. Autre gros morceau, un nouvel acte de décentralisation : « Je suis favorable à ce qu’on ait plus de différenciations, parce que je pense que cela correspond à la fois à la demande des collectivités territoriales et au besoin des territoires » a déclaré le président.

J Castex aura donc pour rôle de mettre en œuvre les desiderata d’E Macron. Il ne devrait pas trop avoir à forcer sa nature technocratique pour le faire.

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