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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

l y a urgence ! Le billet du dr Christophe Prudhomme. Nous voulons

25 Mai 2020, 08:38am

Publié par PCF Villepinte

 

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93.

Après les médailles, le gouvernement nous prépare, avec son Ségur de la santé, une messe avec un grand prêtre et des auditeurs «fidèles», en sélectionnant avec précaution les invités. Mais, pour reprendre le texte de la chanson entendue dans les manifestations, «même si Macron ne le veut pas, nous on est là». Oui, nous sommes là, avec nos revendications pour défendre notre outil de travail, nos rémunérations, notre statut, la reconnaissance de nos qualifications – liste non exhaustive. Nous ne nous contenterons pas d’un discours égrenant des décisions déjà ficelées jusqu’à ce que, mi-juillet, la messe soit dite. Depuis plusieurs mois, nous avons longuement échangé, et le niveau de nos exigences s’est progressivement élevé, car nous avons repris confiance. Confiance dans notre force, alimentée par les soutiens et les marques de sympathie de la population.

 Nous voulons un service public de la santé qui réponde aux besoins de la population, avec des agents en nombre suffisant et ayant le temps de bien travailler. Nous voulons une reconnaissance de nos qualifications, avec des rémunérations à la hauteur de celles-ci, et qui prennent en compte la pénibilité de nos métiers. Nous voulons travailler dans des établissements à taille humaine, dans le cadre d’une véritable politique d’aménagement du territoire, prenant en compte les autres services publics essentiels à la population. Sachez que nous serons particulièrement vigilants, car nous savons que, sous couvert d’un pseudo-consensus sur la dégradation du système existant, vos objectifs n’ont pas changé: vous dites vous-même que les principes de la loi «Ma santé 2022» restent vos fondamentaux!

Pour vous, la santé constitue une activité dont la partie solvable doit rester ouverte au marché, en limitant le service public aux plus pauvres, pour ne pas les laisser mourir dans la rue Alors oui, nous serons là aussi, comme le dit la chanson, «pour lhonneur des travailleurs et pour un monde meilleur».

5e risque

Le mouvement dans les Ehpad date maintenant d’il y a deux ans et nous sommes toujours en attente de réponses à nos revendications. Le ministre de la Santé vient d’annoncer la création d’une 5e branche pour la prise en charge de la perte d’autonomie. C’est une annonce qui peut être considérée comme intéressante, mais deux questions nécessitent des réponses : d’une part, pourquoi une 5e branche et avec quel financement alors que ce besoin pourrait être pris en charge par la branche maladie ; d’autre part, un financement pour payer quoi.


À cette deuxième question, il est clair que si c’est pour financer le secteur privé à but lucratif, dont les groupes Korian et Orpéa, la réponse est non. Au regard du comportement de ces groupes depuis leur création et à la lumière de la manière dont ils ont géré la crise du coronavirus, il n’est pas question d’abonder les dividendes de leurs actionnaires. La question qui se pose aujourd’hui est de supprimer tout financement par les cotisations sociales et les fonds publics de ces requins qui surfent sur le marché du vieillissement, qu’ils appellent d’ailleurs « l’or gris ».

Il est urgent de revendiquer la fin du secteur privé à but lucratif dans le domaine de la santé et en l’occurrence de la prise en charge de la perte d’autonomie.

En ce qui concerne, la création d’une nouvelle branche, il faut être vigilant car l’objectif caché est de sortir cette branche du financement par les cotisations sociales. Il faut se rappeler qu’à la création de la Sécurité sociale, les branches n’existaient pas et on parlait de prestations maladie, retraite, famille et accident du travail/maladies professionnelles. L’autonomisation en branches a pour but de ne plus équilibrer le financement entre les différentes prestations. Nous connaissons la musique avec la présentation de déficits sciemment créés par une baisse des cotisations pour imposer ensuite des plans d’économie et une diminution des prestations.

Il ne faut donc pas se féliciter trop vite. Une porte est ouverte, mettons le pied dedans et avançons nos revendications pour une Sécurité sociale unique, prenant en charge l’ensemble des besoins des assurés de la naissance à la mort, et pour un service public de santé débarrassé du secteur privé à but lucratif.

 

Retrouvez  l’ensemble de ces chroniques.

 

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