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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

URGENCES HÔPITAL

25 Novembre 2019, 10:10am

Publié par PCF Villepinte

 

Quand l’hôpital devient le patient, rien ne va plus. La santé de la population est en jeu. Et pourtant, nous continuons à être soignés, mais à quel prix ? Les personnels en paie le prix fort au point de ne plus pouvoir assurer leurs missions.

Dans les services d'urgence, ça déborde de partout ! En chirurgie, médecine, spécialités, on manque de lits, de personnels, de médicaments. Et malgré cela les patients sont accueillis, soignés, opérés avec des techniques de plus en plus pointues et des résultats satisfaisants. Comment cela est-il possible ?

Point de vue de Jean-Luc Gibelin 

Directeur d'hôpital, membre de l'UFR-CGT Santé et Action sociale, administrateur CGT de la CNRACL, Jean-Luc Gibelin précise les éléments nécessaires à un meilleur service public de la santé.

« Oui, l’Hôpital crie de souffrance, la santé et le médico-social sont en crise ! Que faut-il donc ? La reconquête, la modernisation, la diversification, le développement d’un grand service public de santé et du médico-social. Au-delà du slogan, il y a quelques aspects précis.

- Un plan de création d’emplois et de formation de grande ampleur et sur la durée. En effet, il faut engager, au moins sur cinq ans ou mieux sur dix ans, une augmentation significative des formations des professions médicales (médecins généralistes, spécialistes, médecine douces, sages-femmes, médecine du travail) et paramédicales (infirmières, aides-soignantes, kinésithérapeutes, orthophonistes, diététiciennes, psychomotriciennes, préparatrices en pharmacie hospitalière, manipulateurs en électroradiologie, etc. ), mais plus largement des personnels intervenant dans le domaine sanitaire et médico-social. Cela passera aussi par des lieux de stages durant les formations, un renforcement des personnels d’enseignement pour assurer ces formations qualifiantes.

- Un moratoire sur les fermetures de services et d’hôpitaux avec la réouverture d’unités fermées. Des évolutions sont naturelles, les modes d’hospitalisation évoluent, les attentes des usagers, des ayants-droit à la santé se modifient, mais il est indispensable d’avoir des structures. La solution ne peut pas être le « renvoi » à domicile sans prise en charge.

- Une meilleure articulation entre la « ville » et l’hôpital pour faciliter le passage d’une structure à l’autre, d’un mode de prise en soins à un autre. Cela impose aussi d’avoir rapidement des structures publiques de maintien à domicile, d’hospitalisation à domicile, de prise en charge ambulatoire en ville.

- Une réponse digne à la perte d’autonomie tant en institution qu’à domicile avec un vrai service public, des personnels qualifiés en nombre suffisant, etc.

- Une démocratie participative et citoyenne dans et hors des établissements sanitaires et médico-sociaux. Dans le fonctionnement des établissements, les personnels, leurs représentants doivent être clairement et formellement associés aux grandes décisions, aux choix stratégiques, aux suivis budgétaires. En dehors du fonctionnement des établissements, il faut mettre en place des structures de démocratie citoyenne avec trois collèges (celui des ayants-droit à la santé, des usagers, des « patients », celui des professionnels d’exercice public ou privé et celui des élus) pour trois missions à trois niveaux : faire s’exprimer les besoins de santé pour être en permanence en prise avec le réel, être le lieu dans lequel les propositions pour répondre aux besoins seront présentées par les structures sanitaires et médico-sociales, enfin -et ce qui manque le plus dans ce pays- être le lieu de contrôle démocratique de la mise en œuvre des réponses aux besoins exprimés. »


 

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