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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Gilets jaunes. L’ acte VI n’est pas un point final

23 Décembre 2018, 19:55pm

Publié par PCF Villepinte

Lundi, 24 Décembre, 2018

L'Humanité Lionel Venturini

Si le mouvement a clairement marqué le pas pour sa sixième mobilisation nationale, la colère pourrait trouver de nouvelles expressions à la rentrée.

«Je fais le constat d’un réel tassement de la mobili-sation.Moins de 39000 manifestants ont été recensés contre 66000 samedi dernier, qui était déjà une journée en forte baisse», a estimé le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, sur Twitter, dénombrant ce week-end 104 «points de tension», soit «trois fois moins» que le précédent.

«personne n’est convaincu par les mesures de Macron  »

En ce sixième samedi consécutif de mobilisation, de multiples rassemblements ont persisté. Plusieurs blocages aux frontières avec l’Espagne, l’Italie ou l’Allemagne ont été observés.

À Paris, les manifestants ont circulé en groupes épars, parfois «nassés» par les gendarmes durant six heures comme près de la gare Saint-Lazare. 179 personnes ont été interpellées et 36 placées en garde à vue, dont l’un des porte-voix des gilets jaunes, Éric Drouet. Est-ce à dire que cet acte VI de la mobilisation est un point final? Le pouvoir le souhaite. «C’est maintenant l’ordre, le calme et la concorde qui doivent régner», a commenté Emmanuel Macron depuis le Tchad, où il réveillonnait avec les soldats de la force «Barkhane». D’autres signaux pourtant devraient inciter l’exécutif à la prudence. Comme José, rencontré samedi à Paris, pour qui, «en janvier on repartira comme au début», car «personne n’est convaincu par les mesures de Macron» et les 10 milliards d’euros mis sur la table.

Le reflux de la participation, que les chiffres du ministère exagèrent – à Paris, les 2000 gilets jaunes comptés par la préfecture font sourire n’importe quel observateur –, laisse néanmoins le champ plus libre à des éléments radicaux, devenus du coup plus visibles, actifs sans parvenir à être en pointe. Le gouvernement s’est saisi en particulier d’un incident, trois motards de la police pris à partie sur les Champs-Élysées, pour affirmer que «certains continuent à venir manifester, animés par la haine des institutions».

 La diffusion dimanche de l’intégralité de la vidéo tournée le samedi montre qu’initialement les trois policiers à moto lancent des grenades lacrymogènes sur des manifestants défilant à une trentaine de mètres d’eux, alors qu’aucun ne vient à ce moment-là au contact. La réaction de groupe, qui contraint les policiers à la fuite, témoigne néanmoins d’un rapport nouveau avec une autorité vue comme délégitimée.

Pour le pouvoir, tout est prétexte à reprise en main

Pour le chercheur Laurent Mucchielli, «pour réprimer les manifestants, le gouvernement a eu recours à des types d’unités et des moyens dont l’emploi pose clairement question (…) sur le degré de violence dont il est prêt à user pour faire taire la contestation».

Tout est prétexte à reprise en main pour le pouvoir. Vendredi soir, des gilets jaunes ont organisé le simulacre d’une décapitation d’une effigie d’Emmanuel Macron à Angoulême (Charente). Pour la préfecture, ces faits «portent gravement atteinte tant à la personne qu’à la fonction du président de la République», et le parquet d’Angoulême a été saisi.

Les gilets jaunes, peut-être à l’heure de la trêve, ont fait l’expérience de solidarités retrouvées, fait réémerger dans le débat public les antagonismes de classes. Si personne ne peut en prédire l’issue, il y a un avant et un après-gilets jaunes. Le pouvoir, qui projette une réforme des retraites en 2019 et n’a pas officiellement renoncé à sa réforme constitutionnelle, serait bien inspiré d’en tenir compte.

Lionel Venturini

 

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