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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Une victoire qui venait de loin

8 Mai 2011, 06:34am

Publié par PCF Villepinte

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Une immense clameur venue de tout le pays a salué l’élection de François  Mitterrand à la présidence de la République. Elle résonne encore dans nos mémoires comme une délivrance après une si longue attente. En effet, la droite règne sans partage depuis 1958. Battue après tant de tentatives et de déceptions, enfin s’ouvrent les portes de l’espoir à la majorité de la jeunesse et aux forces populaires de progrès. La victoire est ce jour là celle de toute la gauche. Aux électeurs socialistes du premier tour sont venus s’ajouter au second les près de 16% rassemblés sur le nom de Georges Marchais. D’autres progressistes encore ont participé à cette dynamique de succès qu’a rendu possible, des années avant, la création du nouveau Parti socialiste d’Épinay et l’abandon des oripeaux de la vieille SFIO.  Mais qu’on me permette de rappeler combien fut importante la contribution du Parti communiste qui, dès 1965 et encore en 1974, avait fait le choix de l’union et du rassemblement autour d’un candidat commun à toute la gauche. Et, sans les divisions de cette gauche aux élections législatives de 1978, vraisemblablement, elle aurait été majoritaire à l’Assemblée nationale et aurait gouverné le pays. C’est chose faite en 1981 dans un contexte qu’il est utile de se remémorer. La guerre froide bat son plein. R. Reagan occupe la Maison Blanche à Washington avec un programme dit de « refoulement du communisme ». Il s’affaire avec son projet de « guerre des étoiles » contre « l’axe du mal », tout en soutenant les guérillas islamistes en Afghanistan et ailleurs, comme au Nicaragua aux côtés des  révolutionnaires, les « contras ».  La politique économique de R. Reagan, comme celle de M. Thatcher, incarne la contre-révolution des néoconservateurs. La France connait la fin de la période dite « des trente glorieuses », le début de la montée du chômage, une inflation galopante.

La victoire de la gauche vient de loin. Elle a été rendue possible grâce à la pression exercée par le monde du travail et de la création en faveur de l’union des forces de gauche. Cette aspiration était devenue si forte, notamment relayée par le Parti communiste, qu’elle balaiera  les réticences, voir l’opposition du Parti socialiste et de François Mitterrand, jusqu’à conduire à la signature  du Programme commun de gouvernement. F. Mitterrand s’appuiera sur son contenu réellement transformateur pour  mener campagne sur le thème de « la rupture avec le capitalisme ». Il avouera aussi avoir signé le Programme commun pour « prendre trois millions de voix au Parti communiste ». Le Parti communiste tentera de l’en empêcher, non sans débats, beaucoup de déchirures internes et avec les électeurs. Aux yeux de beaucoup, le Parti communiste n’était plus le champion de l’union de la gauche, rôle désormais dévolu au parti socialiste. La gauche arrive donc aux responsabilités suprêmes au terme d’un long processus.

Son gouvernement comprend des ministres de qualité, proches des gens, parmi lesquels quatre ministres communistes de grande valeur, respectueux du verdict du suffrage universel et des institutions de la République. Chacun dans son domaine, C. Fiterman, J. Ralite, A. Le Pors, M. Rigout, fera la preuve aux yeux de la population, toutes opinions confondues, de son sens de l’État, de ses compétences au service de l’intérêt général, de sa sensibilité aux souffrance humaines.  L’ampleur des réformes est impressionnante. L’âge de départ à la retraite à 60 ans, les lois Auroux de droits nouveaux aux salariés, l’amélioration du statut dans la fonction publique, les lois de décentralisation, la libéralisation des médias audiovisuels, la peine de mort abolie après un engagement remarquable de R. Badinter, la cour de sûreté de l’État et les lois anticasseurs supprimées, le discours de Cancun pour de nouvelles relations avec les pays du Sud, des nationalisations pour une maîtrise publique de la banque et de certains secteurs industriels. C’est impressionnant et encore davantage aujourd’hui alors que notre pays connaît le pire !

Impressionnant mais insupportable pour le grand patronat, la droite, les milieux financiers internationaux, d’autres pays et la commission européenne. Ils se mobilisent contre les  salariés et  la jeunesse jusqu’à faire pencher une bonne partie du gouvernement et F. Mitterrand lui-même du côté qui, partout sur la planète, étend sa toile, le libéralisme. En face, on ne retrouvera pas les mobilisations populaires dont le rôle fut décisif pour permettre à la gauche unie d’accéder au pouvoir. Dès l’année 1983, le Président de la République et la majorité des dirigeants socialistes adoptent ce qu’ils appellent une politique de réformes, puis, de loin en loin, F. Mitterrand et ses premiers ministres après P. Mauroy, gouverneront avec des fractions de la droite. Dès lors commence la mise en œuvre systématique d’une véritable pédagogie du renoncement, avec une différenciation qui s’atténue dans les esprits entre ce qui caractérisait jusqu’ici la droite et la gauche. La confiance dans la capacité de la politique à changer la vie s’effrite, beaucoup de nos concitoyens se détournent d’une activité politique dont ils ont le sentiment qu’elle s’est détournée d’eux et de  leurs vies réelles. L’extrême droite fait ses choux gras de cette évolution.

On le voit, de nombreuses leçons méritent d’être tirées de l’ensemble de cette période, avec un double septennat de F. Mitterrand à l’Élysée. Leçon sur la période préparant cette victoire. Leçon sur les moyens de gouverner à gauche pour changer durablement la vie des gens, dont on voit bien  que cela ne peut se faire et réussir  sans l’intervention des citoyens, de bout en bout à la manœuvre pour dire ce qu’ils veulent, pour se faire entendre et  respecter. Qu’ils le fassent du local au mondial sans omettre la construction européenne qui, aujourd’hui, telle qu’elle est, dominée par la finance, hypothèque toute volonté de changement progressiste. Cela ne passera pas par la réédition du passé mais bien par une ambition à défricher les chemins inédits d’une transformation sociale, démocratique, culturelle et écologique de la société capitaliste en crise.

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