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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Libye: la France en première ligne face à Kadhafi

20 Mars 2011, 06:12am

Publié par PCF Villepinte

Monde - le 19 Mars 2011

 

L'armée de l'air française a effectué ce samedi, en fin d'après-midi, sa première mission en Libye, détruisant plusieurs blindés des forces fidèles de Mouammar Kadhafi en application de la résolution des Nations unies visant à protéger la population civile. Au terme d'une réunion organisée à la mi-journée à l'Elysée, le président Nicolas Sarkozy a annoncé le lancement de cette opération internationale destinée à faire respecter la résolution 1973 adoptée jeudi soir par le Conseil de sécurité des Nations unies. Un peu plus tard dans la soirée, les forces armées des Etats-Unis sont entrées en action. "Une action militaire limitée", a expliqué le président Barack Obama qui a insisté que son pays ne déploieraient pas de troupes au sol. A Londres, le Premier ministre David Cameron a annoncé que les forces britanniques étaient également entrées en action.

  • Des Rafales, Mirage et Awacs français engagés

Selon le récit du ministère français de la Défense, une vingtaine d'appareils français - des Rafale, des Mirage 2000, des avions ravitailleurs et des Awacs de surveillance - ont survolé le territoire libyen. L'opération, entamée dans la matinée sur une zone de 150 kilomètres sur 100 autour de la ville de Benghazi, bastion des rebelles libyens, était encore en cours en fin d'après-midi. "Nous avons mis en place cet après-midi la zone d'exclusion aérienne, c'est-à-dire qu'autour de Benghazi les avions de l'armée de l'air français assurent l'interdiction de vol à tout appareil conformément à ce qui est prévu par l'Onu. Deuxièmement, d'autres appareils de notre armée de l'air sont en vol pour éviter que des véhicules blindés constituent une menace contre les populations civiles", a déclaré Laurent Teisseire, porte-parole du ministère.

  • Des moyens militaires très importants

Selon le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major des armées, la France était la mieux placée pour agir dans les meilleurs délais. "Il fallait agir vite. C'est la France, du fait de la réactivité de ses moyens et de son positionnement, qui a pu, en coordination étroite avec ses alliés, réaliser les missions d'aujourd'hui", a-t-il dit. Des appareils partis des bases de Saint-Dizier pour les Rafale, de Nancy et de Dijon pour les Mirage et d'Istres pour les Awacs, ont participé à l'opération.

Le ministère a par ailleurs confirmé le départ, dimanche soir, du porte-avions Charles-de-Gaulle au départ du port de Toulon, dans le Var, situé à moins de deux jours de mer de la Libye. Le fleuron de la Marine française transporte habituellement une vingtaine d'avions et est accompagné d'un groupe aéronaval complet comprenant un sous-marin et plusieurs frégates. Outre les moyens français, des avions de surveillance Awacs appartenant à d'autres pays participent à l'opération de samedi, a précisé le colonel Burkhard.

"Tout cela se fait en coopération et en coordination avec les autres pays qui sont engagés dans l'alliance mise en oeuvre au nom des Nations unies. Ces autres pays vont eux-mêmes déployer leurs moyens et leurs actions de manière coordonnée dans les heures et les jours qui viennent", a ajouté Laurent Teisseire.

  • Des chars, des réservoirs d'essence et des sites antiaériens visés 

La chaîne d'information panarabe Al Djazira a fait état de quatre chars détruits près de Benghazi. Le reponsable français a déclaré ne pas pouvoir confirmer ce chiffre mais a indiqué que plusieurs chars et véhicules blindés avaient été détruits lors de la frappe. Plus tard dans la soiré, des bombardements ont touché des réservoirs de carburant alimentant Misrata, troisième ville du pays à 200 km à l'est de Tripoli, et sa région. Les missiles de croisière Tomahawk américainsn de faciliter l'application de la zone d'exclusion aérienne. Ces frappes doivent se dérouler essentiellement aux abords de Tripoli et de Misrata, à 200 km plus à l'est, selon un responsable américain.

  • Les pro-Kadhafi dans les faubourgs de Benghazi

Sur le terrain, et alors que rebelles et gouvernement se sont accusés mutuellement d'avoir violé le cessez-le-feu annoncé vendredi par le régime, des combats ont eu lieu depuis l'aube à l'entrée de Benghazi. Un avion militaire des rebelles a été abattu par les pro-Kadhafi. Dans l'après-midi, les loyalistes continuaient de tirer à l'arme lourde contre des quartiers résidentiels tout proches de Benghazi, selon des témoins. "Ils ont l'ordre de tirer indistinctement. Ce qui se passe est un massacre", a affirmé l'un d'eux. Selon des rebelles, l'artillerie et les chars ont tiré contre les quartiers ouest et des obus ont touché le centre-ville.

Redoutant le pire, des milliers de personnes ont fui par familles entières. Voitures, minibus, camions ont pris la direction du nord-est, et de longues files d'attente se sont formées devant les stations service et les boulangeries. Mais plus loin le long de la route, les passagers de ce début d'exode ont pu bénéficier de la solidarité des habitants, qui offraient de l'eau, de l'essence, de la nourriture, un hébergement.

Dans l'ouest, les loyalistes avançaient avec des chars vers Zenten, à 145 km au sud-ouest de Tripoli, pilonnant les abords de cette ville rebelle et poussant ses habitants à la fuite, selon un témoin. Les rebelles ont aussi annoncé avoir repoussé, au prix de 27 morts dans leurs rangs, une offensive des forces gouvernementales vendredi à Misrata, à 200 km à l'est de Tripoli. Samedi, la ville était calme.

A Tripoli, des centaines de Libyens se sont rassemblés au quartier général de M. Kadhafi "en prévision de frappes françaises", selon la télévision d'Etat, et les autorités ont emmené une cinquantaine de journalistes étrangers, dont celui de l'AFP, y faire un tour

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