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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

LEGENDE

26 Mars 2013, 08:04am

Publié par PCF Villepinte

Miles Davis, une rare anthologie du Lost Quintet en Europe

 

 

Le coffret paru chez Legacy-Columbia immortalise quatre concerts européens du légendaire trompettiste en 1969, notamment au fameux Festival d’Antibes.

A chaque tournant amorcé par le légendaire trompettiste, compositeur et leader américain, il y a toujours eu une partie de la critique pour chicaner, voire l’accuser de traître au jazz ou de vendu au business. C’est que, pour certains donneurs de leçons engoncés dans leurs certitudes sur le beau et le bien, le génie davisien progressait trop rapidement. Du milieu des années 1940 jusqu’à sa mort en 1991, Miles a participé à l’insurrection bop, catalysé la naissance du cool, éclairé la révolution électrique, enfourché le free, annoncé le funk, honoré le hip hop...

Chercher, tenter, inventer

L’étude de la documentation sonore disponible, qui s’élargit au fil du temps, prouve, s’il le fallait, que Miles Davis, réputé pour son impitoyable exigence artistique, n’a cessé de chercher, tenter, inventer. Parmi les pépites exhumées, figurent des enregistrements  effectués par les radions et télévisions nationales française, allemande et suédoise, dont certains ont abouti, dans le passé, à de médiocres publications pirates (ou bootlegs). Depuis trois ans, Legacy-Columbia s’attelle à une remarquable tâche. Après la publication, en 2011, de «  The Bootleg Series Vol.1: Live in Europe 1967 », voici le coffret « The Bootleg Series Vol. 2: Live In Europe 1969 » (3 CD, 1 DVD): 2 disques pour les concerts des 25 et 26 juillet dans le cadre de l’historique festival d’Antibes, un disque pour le live de Stockholm (5 novembre) et le DVD pour le concert de Berlin (7 novembre). Cette première édition officielle bénéficie d’une qualité sonore enfin digne du héros. Un trésor pour 24 euros seulement!

"Le Lost quintet, un groupe terrible!"

Dès le CD1, consacré à la première des deux soirées de Miles au Festival international d’Antibes, le ‘Monsieur Jazz’ de l’ORTF, André Francis, annonce le groupe au public: aux côtés du maître, Jack DeJohnette (batterie), l’Anglais Dave Holland  (contrebasse), Chick Corea (piano et claviers électriques) et Wayne Shorter (saxophone). Il s’agit de la troisième mouture du fameux ‘Quintet’, format que Miles avait exploré à partir de 1955 avec John Coltrane, puis de nouveau sondé en 1963 avec Herbie Hancock et Wayne Shorter (arrivé en 1964 dans formation). Ce dernier est le seul ancien membre resté dans ce troisième Quintet, parfois baptisé le Lost Quintet (le Quintet perdu), car Columbia ne l’a jamais immortalisé en studio. Ce que regrettait Miles dans son autobiographie, en se souvenant des prestations scéniques avec cette escouade de francs-tireurs. Ses propos sont rapportés par Josef  Woodard (du Los Angeles Times), auteur du texte de livret: « Man, j’aurais aimé que ce groupe soit enregistré en live, parce qu’il était terrible! 

On apprécie le soin apporté à l’ensemble de l’anthologie: son de qualité, texte explicatif (en anglais), détails discographiques (noms des compositeurs, durée des morceaux, etc.), reproductions de documents d’époque, photos rares. Les différentes versions de mêmes morceaux montrent la créativité qui bouillonne sur le feu de leur imaginaire. Au répertoire, des pièces emblématiques et d’autres moins connues du grand public, certaines jouant un rôle de pivot entre deux périodes davisiennes: des standards (« ‘Round Midnight », de Monk, et « I Fall In Love Too Easily », de Cahn et Styne) au mémorable « Bitches Brew », en passant par « Miles Runs The Voodoo Down » et « Milestones ». Sans oublier de splendides compositions de Wayne Shorter, souvent reprises aujourd’hui, telles « Footprints » et « Nefertiti ».

Saisissantes sont les images du DVD (en couleur, 46 minutes, soit l’intégralité du concert berlinois). Ceux qui avaient pu voir des versions pirates n’ont jamais accédé à une aussi belle qualité d’image. On ressent une émotion singulière à retrouver le charisme de Miles et la beauté sculpturale de son visage, à assister en direct à l’inventivité de ces artistes hors pair, à plonger dans cet océan de musicalité. Avec ce culotté Quintet, le jazz pète les plombs. Sauvage, acéré, foudroyant, et, pourtant, infiniment subtil.

 

  • A lire aussi:

La chronique de Farac C. sur The Bootleg Series Vol.1: Live in Europe 1967

L'intégralité des enregistrements Columbia de Miles Davis avec John Coltrane

Expo Miles Davis et témoignages

Fara C.

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