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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

L'emploi, une préoccupation totalement délaissée par le tandem Sarkozy-Fillon

16 Novembre 2011, 06:39am

Publié par PCF Villepinte

 

 

Obnubilés par le triple A des agences de notation et les plans d'austérité successifs qui en découlent, Nicolas Sarkozy et le gouvernement de François Fillon ne parlent plus du tout d'emploi ni de lutte contre le chômage. Pourtant, ils devraient, au vu des plans de licenciements de grande ampleur qui s'annonce chez Peugeot, la Société générale ou Paru Vendu, pour ne citer que les derniers en date.

Les dernières statistiques révélées ce mardi ne sont pas engageantes pour la France sur le front du chômage. L'emploi salarié stagne désormais, avec des créations d'emploi nettes quasiment nulles au troisième trimestre, sans perspective d'amélioration du marché du travail dans les semaines à venir, selon des économistes. A peine 7.400 postes ont été créés entre juillet et septembre dans les secteurs marchands non agricoles, après 78.300 au premier trimestre puis 33.000 au deuxième, selon les estimations de l'Institut national de la statistique et des études économiques publiées mardi.

Les plans sociaux vont s'accélérer

L'évolution est de 0,0% par rapport au deuxième trimestre (+1,0% sur un an), alors que l'emploi salarié était en hausse depuis début 2010. "Les signaux du côté du marché du travail suggèrent que la dynamique va probablement encore s'infléchir et que le point haut d'amélioration est derrière nous", a commenté Philippe Waechter, directeur de la recherche économique de Natixis AM. Dans le langage de monsieur Tout-le-monde, les annonces de licenciements ou de plans sociaux vont s'accroître.

Sur un an, les effectifs salariés auraient augmenté de 159.500 emplois, selon les estimations de l'Insee et du ministère du travail, dont la majorité - quelque 158.200 emplois - dans le tertiaire. Pour les experts, il en faudrait davantage pour faire reculer de façon décisive le chômage alors que la population active augmente d'environ 140.000 personnes par an, qui doivent désormais travailler plus longtemps. En juillet, l'âge du départ à la retraite a enregistré un premier recul de quatre mois. dans le même temps, la croissance de l'économie a connu un coup d'arrêt. "L'emploi réagit toujours avec un ou deux trimestres de retard", souligne Hervé Boulhol, responsable France à l'OCDE. Pour compléter le sombre tableau prévisionnel, un analyste de Natixis ajoute qu'au vu des chiffres de l'emploi et de l'investissement, "on voit bien que les chefs d'entreprises ont réagi très vite à un environnement qui s'est dégradé. (...) On sent bien ce choc d'incertitude qu'on a eu au cours de l'été.".

2,78 millions de chômeurs en France. Le nombre des demandeurs d'emploi sans activité a atteint en septembre un niveau inégalé en près de douze ans, à 2,78 millions, avec, qui plus est, un accroissement du chômage de longue durée et des seniors. Le gouvernement est mal parti pour tenir sa promesse de refaire passer le taux de chômage sous la barre des 9% de la population active, malgré une diminution de 0,1 point lors du deuxième trimestre (9,1%).

 

  • Sur le chômage en France, à lire:

Le chômage explose en septembre

Hausse du chômage? Arrêtez de faire des enfants, dit Frédéric Lefèvre

"La peur du chômage est lancinante", entretien avec Carine Marcé, de l'institut TNS-Sofres

  • Sur les suppressions d'emploi en France, à lire:

Peugeot: plus de 5000 postes supprimés en France

1650 salariés liquidés par le journal Paru Vendu

Banques: des bénéfices et des licenciements

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PSA : le temps est venu pour gouvernement d’agir !

16 Novembre 2011, 06:34am

Publié par PCF Villepinte

PSA : le temps est venu pour gouvernement d’agir !

La réunion du Comité central d'Entreprise aujourd'hui à Paris du groupe PSA n'a rien de rassurant pour l'avenir de la production automobile dans notre pays ni pour celui de ses salariés. En confirmant sa volonté de supprimer 6000 emplois dans le groupe dont une partie importante dans la recherche et le développement, la direction poursuit la dérive financière de ses choix et hypothèque gravement l’avenir !

Les salariés du groupe et parmi eux les 3500 travailleurs d'Aulnay (93), ont raison de refuser cette perspective. D'autres choix sont possibles, à condition de vouloir préserver à ce groupe sa vocation industrielle pour produire des véhicules et répondre aux besoins populaires. Je continuerai d’agir aux côtés des salariés dans ce sens et en appelle désormais au premier Ministre puisque jusqu’ici nous avons eu beaucoup de bruit pour rien de la part du Ministre de l’Industrie, Monsieur Besson ! Le temps est venu pour le gouvernement de prendre enfin ses responsabilités et  peser sur la direction de PSA en faveur de l'emploi et du devenir industriel de notre pays.

Marie-George Buffet

 

 

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La démocratie est en danger

14 Novembre 2011, 23:24pm

Publié par PCF Villepinte

Publié le par Patrick Le Hyaric

Sous couvert de gouvernements dits «techniques» et «d’unité nationale «, un coup de force caché se déroule sous nos yeux. Celui de l’oligarchie financière qui prend directement les rênes des pays de L’Union Européenne les plus en difficulté. Ceux là mêmes qui ont conduit L’Europe dans l’inextricable crise que nous connaissons. Ce syndicat malfaisant des anciens de Goldman Sachs, de la Banque centrale européenne et de la Commission de Bruxelles, s’est associé avec des cabinets de l’ombre installés dans les arrière-salles des banques et des bourses, baptisés agences de notation. Avec leurs amis en fonction dans ces mêmes institutions, ces prédateurs prennent d’autorité le pouvoir pour appliquer d’une main de fer une super-austérité qui mène les pays à la ruine.

Voilà que l’une de ces agences, «Standard and Poor’s», avait préparé un communiqué qui aurait conduit automatiquement à augmenter le service de la dette de L’État français, augmentant artificiellement les taux d’intérêt des emprunts d’État le jour même où la Commission de Bruxelles demandait quasiment un troisième plan d’austérité au gouvernement.

Voilà qu’en Grèce, un ancien dirigeant de la BCE devient premier ministre en association avec l’extrême droite fascisante dont le souvenir est encore vivace dans ce pays. Comment comprendre que les socialistes grecs puissent participer à un tel attelage si inquiétant qui va amplifier les destructions sociales et l’abaissement national ?

En Italie est envisagée la nomination de l’ancien Commissaire européen, M. Monti, champion de toutes les déréglementations et mises en concurrence destructrices.

Ces premiers ministres exécutent en fait les ordres de ce que l’on appelle désormais la «Troïka», composée des commissaires politiques et économiques dépêchés par le FMI, la BCE et la Commission de Bruxelles, conformément au pacte Euro plus, le pacte des rapaces.

Face aux dangers qui se profilent, je souhaite des initiatives d’actions unitaires, larges, ouvertes de toutes les forces progressistes et syndicales, et au delà de tous les démocrates qui n’ont jamais souhaité que la construction européenne devienne synonyme de souffrances, de malheurs, d’appauvrissement généralisé des travailleurs et de transfert direct du pouvoir aux mandataires les plus proches des requins de la finance.

L’heure est bien plus inquiétante qu’il n’y parait. Le choix de l’austérité est inefficace. Il mène à la ruine. Il menace désormais les souverainetés populaires et nationales. Il empêche aussi les projets de solidarité européenne et les indispensables mises en commun librement choisies. Oui l’heure est au rassemblement le plus large pour que la voix des peuples unis se fasse entendre, afin que l’humain prenne le dessus.

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Décentralisation et réforme des collectivités territoriales : le candidat socialiste doit sortir du flou !

14 Novembre 2011, 23:19pm

Publié par PCF Villepinte

Programme du PS

 

Par Robert Clément, Président Honoraire du Conseil général de Seine-Saint-Denis, Maire Honoraire de Romainville

Dans l’interview qu’accordait François Hollande à France 2 lundi 7 novembre, une idée a retenu mon attention. Évoquant les économies à réaliser, le candidat socialiste indique : « Au lendemain de l’élection présidentielle, si je suis en situation de diriger la France, je proposerai de réaliser une réforme de l’État et un nouvel acte de la décentralisation. Il ne peut plus y avoir cette superposition d’échelons. Nous aurons une grande réforme qui apportera des économies importantes".

François Hollande en dit trop ou pas assez. Sur une question aussi essentielle, il est temps pour le Parti socialiste et son candidat de sortir d’un flou, savamment entretenu. Car enfin, c’est aussi au nom des économies que Sarkozy a fait voter par sa majorité sa réforme territoriale. Cette machine infernale qui accentuerait les inégalités entre les territoires et entre les citoyens. Certes, le projet socialiste « s’engage à abroger cette réforme imposée par l’UMP ». Il s’engage aussi « sur un acte III de la décentralisation ». Dont acte, mais il est grand temps de sortir de ces généralités et d’engager un débat public en toute transparence.

Hier c’était le « mille feuilles institutionnel » et aujourd’hui c’est « la superposition d’échelons ». Par ailleurs, parler d’un acte 3 de la décentralisation, c’est reconnaître qu’il y en a eu un second. C’est osé !

 

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Rassemblement à l'initiative des organisations du Front de Gauche de Seine-Saint-Denis

14 Novembre 2011, 15:57pm

Publié par PCF Villepinte

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Bernard Thibault appelle à une "riposte unitaire" contre le plan de rigueur

14 Novembre 2011, 15:51pm

Publié par PCF Villepinte

 Social-Eco - le 14 Novembre 2011

 

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Le plan de rigueur ne passera pas comme une lettre à la  poste. Vendredi, lors de la réunion syndicale, Bernard Thibault va proposer aux autres centrales "une riposte qui soit unitaire" pour "une journée de mobilisation interprofessionnelle qui, d'après nous, devrait se situer au plus tard, dans la première quinzaine de décembre". Le leader de la CGT  "suggère de prendre comme cible le Parlement", au moment où se discutent les projets de budgets de la sécurité sociale et de l'Etat. "Il ne serait pas aberrant qu'on ait une initiative de masse en direction de l'Assemblée nationale", expliquait-il lors d'un point presse ce lundi.

La CGT sur plusieurs fronts

Bernard Thibault a dans le même temps lancé un avertissement au gouvernement, alors que Nicolas Sarkozy devrait annoncer ce mardi des mesures d'économie dans le budget de la sécurité sociale. Il faut "une riposte à ce que le gouvernement décide aujourd'hui et est susceptible de décider demain", explique-t-il, faisant allusion à d'éventuelles décisions sur les arrêts maladie. Selon certaines fuites, un jour de carence se verrait appliquer aux congés maladie des fonctionnaires.

Par ailleurs, la CGT mènera sa propre campagne avec la publication d'un "nouveau matériel grand public" sur les conséquences des différentes mesures" gouvernementales. La centrale de Montreuil tiendra, en outre, "un grand meeting national" en janvier sur le thème de la retraite.

L'intersyndicale et Force ouvrière

Bernard Thibault a aussi réagi à l'annonce de Force ouvrière de participer à cette réunion intersyndicale: "La bonne nouvelle, c'est que FO revienne à l'intersyndicale. La mauvaise nouvelle, c'est qu'ils le font en l'assortissant d'une déclaration qui laisse entendre qu'ils feront de nouveau tout pour que rien ne sorte de l'intersyndicale. (...) C'est bien que FO revienne à la table, mais si c'est pour unique objectif de faire capoter ce qu'il est envisageable de faire à plusieurs, ce serait dommage. Personne ne sera dupe".

Les récentes intersyndicales réunissaient cinq organisations (CGT, CFDT, FSU, Solidaires, Unsa), FO se tenant depuis deux ans en dehors de cette structure.

  • A consulter:

Sortir de la crise: les 10 exigences de la CGT

  • A lire:

Plan de rigueur: les syndicats vont organiser la riposte

Plan Fillon: la facture détaillée et expliquée

L'imposture, l'éditorial de Jean-Paul Piérot

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La Communauté d'agglomération et le développement du pôle de Roissy

14 Novembre 2011, 15:45pm

Publié par PCF Villepinte

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Intervention de Nelly Roland, le 7 novembre dernier dans le cadre d'un séminaire réunissant les représentants des aéroports de Berlin, Francfort, Barcelone et Eindhoven.

 

"Mesdames, Messieurs,

Je suis très heureuse de vous accueillir à Villepinte, au cœur du Parc international d’affaires Paris Nord 2 pour inaugurer cette journée de réflexion et d’échanges qui réunit les principaux acteurs économiques, politiques et institutionnels.

Nous sommes ravis d’accueillir aujourd’hui des représentants des aéroports d’Eindhoven, Francfort, Barcelone, Berlin qui vont vous parler de leur vision et de leurs projets de développement :

Mme JOHANNA SCHLAACK, de Berlin, M. STEFAN KORNMANN de Francfort, M SERGI ALEGRE CALERO, de Barcelone, M. WIM DE KINDEREN, pour Eindhoven,

En outre, Madame ELLEN KRAY de la Communauté européenne interviendra spécialement sur les projets de transport européens.
Je remercie aussi Madame Marielle PRINS d’avoir bien voulu coordonner et animer, avec nos équipes, les échanges de cette journée.

L’objectif de ce séminaire est de partager ensemble l’expérience de nos voisins européens en matière de développement des activités d’échanges de leurs aéroports et d’affirmer nos atouts, notre ambition pour ce territoire en partageant les informations et les projets.

Le territoire du Sud CDG où nous nous trouvons ce matin des atouts exceptionnels pour valoriser pleinement son potentiel de développement et de croissance dans le domaine de l’économie des échanges pour aller vers plus de « connectivité » entre les personnes et les savoirs, entre les milieux d’affaires et le monde de la recherche.
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Il y a un an, le 11 mai, nous avions déjà eu une première réflexion sur l’avenir de ce pôle économique de premier plan dans la compétition internationale de la région capitale que constitue le hub de Paris-CDG, un des 9 pôles de compétitivité et de croissance pour la métropole parisienne identifiés par la Mission Région Capitale.

Nous avons engagé, sous l’impulsion de l’Etat, la préparation d’un contrat de développement territorial qui doit être le projet de valorisation du secteur de l’aéroport dans la perspective de l’accueil du métro automatique.

Il associe les communes de Roissy, le Thillay, Vaudherland, Goussainville, au sein de la Communauté de communes Roissy Porte de France, avec à mes côtés ce matin son Président, Patrick Renaud, et les communes de notre Communauté d’agglomération : Villepinte, Sevran et Tremblay en France.

Cette démarche de travail associe les grands acteurs du développement du territoire comme ADP, AIR France-KLM, VIPARIS, FEDEX, les Chambres de commerce, les représentants du monde des entreprises et des pouvoirs publics ,et d’ailleurs nous les convions dès jeudi prochain à une deuxième matinée de travail (la première ayant eu lieu le 7 juillet dernier).

Nous parlerons aujourd’hui plus spécifiquement des activités d'échanges d’idées et de savoir qui reposent essentiellement sur trois fonctions économiques qui demandent un contact physique avec l’aéroport : le tourisme d'affaires et l’événementiel ; l'économie de la connaissance et de l’innovation, qui est le principal moteur du développement économique francilien et national et qui recèle les principaux gisements d'emplois de demain ; et enfin la logistique à haute valeur ajoutée.

La promotion économique du territoire est, pour notre communauté d’agglomération, une priorité justifiant l’initiative de ce matin, mais au-delà l’initiative de projets comme la ZAC « Aérolians Paris » et le Colisée… mais tout ceci au service du développement métropolitain, de l’image de la France dont Roissy est la porte d’entrée.

Comme 1ère Vice Présidente en charge des transports, je rappelle cette priorité majeure pour le succès de nos projets et le service dû aux populations : si le métro automatique est sur le principe une belle opportunité de connexion entre centres économiques du Grand Paris, il est impératif de ne pas attendre 10 ou 15 ans pour desserrer l’étau de l’engorgement routier qui asphyxie déjà nos zones d’activité et de vie et de travailler à des projets de transports en commun locaux améliorant déjà l’accès à l’emploi. Des projets sont en cours d’étude dans notre CDT, associant nos aménageurs et les interlocuteurs clés que sont Unibail Rodamco, ADP, les entreprises de la plate-forme.

La communauté d’agglomération a aussi d’autres objectifs qui donnent du sens à ce développement, en portant un véritable projet de territoire mettant nos populations au cœur des retombées attendues en matière de vie locale, d’urbanité et surtout d’emploi.

Le pôle économique de CDG a doublé ses effectifs en 15 ans aussi bien dans le secteur du transport aérien que dans les activités directement liées à la plate-forme. Pour autant, 22% seulement des emplois du territoire sont occupés par des salariés qui y vivent. Autant dire que l’accès à ce formidable moteur d’emploi qu’est l’aéroport ne profite pas à nos populations.

La faute, comme je l’évoquais plus haut, à des transports en commun déficients lorsqu’il s’agit notamment de prendre en compte la spécificité de la plate-forme aéroportuaire, qui fonctionne 24h/24 et 7jours/7. La faute aussi à un niveau d’éducation et de formation trop faible parmi nos populations. Pour certains, cela justifierait de nous reléguer à un développement économique sans ambition, privilégiant des secteurs comme la logistique, la sécurité, avec des niveaux de qualification en rapport avec les constats présentés.

On ne peut s’en satisfaire, l’ambition doit être toute autre. Les secteurs de pointe peuvent relayer un développement de secteurs divers qui ont intérêt à se trouver près de leurs clients et près de l’aéroport, en favorisant des PME qui, à leur tour, généreront des emplois de toute nature, de services aux entreprises et aux personnes, avec parallèlement le développement de filières de formation adaptées et ouvertes à l’international.

Face à ces défis de taille, il est indispensable que l’ensemble des acteurs, publics et privés, travaillent en synergie. C’est une des clefs de la réussite. C’est la raison pour laquelle les élus de notre communauté ont souhaité la tenue de ces échanges en partenariat avec la CCRPF.

 

J’espère qu’ils nous permettront d’avancer vers une vision partagée de l’aménagement et du développement économique de ce territoire.

Je vous remercie tous encore de votre participation et vous souhaite une journée riche en informations et en échanges."

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Démondialisation

13 Novembre 2011, 08:09am

Publié par PCF Villepinte

l'Humanité des débats.Mondialiser autrement ou démondialiser ?

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André Chassaigne, député communiste ; jean-Marie Harribey, économiste, membre du conseil scientifique d’Attac ; Arnaud montebourg, député socialiste ; Nasser Mansouri-Guilani, économiste et syndicaliste ; Jacques Nikonoff, économiste et professeur à l’université Paris-VIII.

 

 

Rappel des faits Avec l’aggravation de 
la crise, les critiques 
de la « mondialisation heureuse » ont gagné du terrain. Après les « altermondialistes », voilà que sont apparus les partisans de la « démondialisation ». Quelles différences entre les uns et 
les autres ? Le débat a eu lieu 
à la Fête de l’Humanité. Lors de la primaire socialiste, Arnaud Montebourg a créé la surprise. Se faisant le défenseur du concept de démondialisation, il a marqué sa différence, donné du sens et de la crédibilité à son opposition aux politiques de la droite. Il a été suivi par nombre d’électeurs socialistes qui, en 2005, rejetant la « concurrence libre et non faussée » du traité constitutionnel européen, avaient contribué à faire gagner le « non » au référendum. Mais la véritable opposition n’est-elle pas entre mondialisation capitaliste et mondialisation solidaire ? Quels objectifs avoir pour le court, moyen et long terme ? À stigmatiser uniquement la mondialisation, ne prend-on pas le risque du nationalisme ?

 

Arnaud Montebourg, vous avez écrit un livre, Démondialiser, et vous vous êtes fait l’un des porte-parole de cette idée. Mais, pour relancer l’industrie, l’emploi et la croissance, ne faut-il pas inciter les banques et les gros importateurs que sont les grands groupes de l’industrie et de 
la distribution à faire d’autres choix de gestion ? Cet aspect n’est-il pas un peu absent de votre proposition ?

 

Arnaud Montebourg. La démondialisation est un projet qui a pour objectif de rapprocher le lieu de consommation du lieu de production, d’obliger l’économie à respecter les modes de vie, les protections sociales, les choix fiscaux, donc les choix souverains des peuples. Il s’agit d’organiser la régionalisation de l’économie mondiale à travers des accords bilatéraux. La démondialisation a déjà commencé avec la remontée exponentielle des coûts de transport et avec le fait que des nations émergées comme le Brésil ont des stratégies protectionnistes assumées, comme, depuis longtemps d’ailleurs, les grandes nations exportatrices. L’Union européenne, elle, a renoncé à se défendre dans les échanges mondiaux. La conséquence, c’est un mouvement de désindustrialisation qui a détruit, en vingt ans, deux millions d’emplois qualifiés dans notre pays. Beaucoup de productions, de savoir-faire ont disparu, sans que de nouveaux produits, de nouvelles technologies ne les remplacent car la stratégie de l’UE est de mettre en concurrence notre modèle social. Les libéraux ont réussi à imposer l’idée fausse qu’il y aurait une sorte d’ordre naturel de la mondialisation et que nous ne pourrions rien y faire, sauf à imaginer un gouvernement mondial, ce qui est une idée charmante, mais une utopie. J’ai retrouvé une déclaration de Didier Leroy, PDG de Toyota à Valenciennes, qui dit ceci : « Si ce que vous économisez en main-d’œuvre peut être entièrement contrebalancé par les coûts logistiques, le fait de fabriquer en France n’est pas en soi un handicap. » La stratégie politique, économique, sociale des entreprises visant à faire d’autres choix que de défendre nos capacités industrielles peut donc être renversée par des sanctions économiques, des droits de douane, une stratégie ouvertement protectionniste. Nous devons dire à nos partenaires européens que le moment est venu de relocaliser un grand nombre de productions industrielles sur notre territoire.

 

Jean-Marie Harribey, avec votre association, vous avez critiqué 
la notion de démondialisation. 
Mais votre proposition de changer 
la mondialisation ne relève-t-elle 
pas d’une certaine naïveté ?

 

Jean-Marie Harribey. Les partisans de la démondialisation affirment avec nous que la mondialisation capitaliste est insoutenable et qu’il faut y mettre un terme. Mais cette mondialisation n’est pas seulement celle des échanges commerciaux et ce qu’on a appelé la financiarisation, c’est l’intégration complète, mondiale, des systèmes productifs, financiers, commerciaux. Ne pas voir cela empêche de comprendre la nature de la crise. Il n’y a pas une crise grecque, une crise irlandaise, une crise portugaise, il y a une crise du système capitaliste mondial qui se double aujourd’hui d’une crise écologique majeure et inédite dans l’histoire humaine. Comment, pays par pays, lutter contre la financiarisation, contre le réchauffement climatique ? Il y a, certes, besoin d’une action aux niveaux local, régional, national, mais également d’une remise en question des logiques qui agissent au niveau mondial. Il faut détruire la finance mondiale en nationalisant l’ensemble du système bancaire sans indemnisation, interdire les pratiques spéculatives et imposer enfin la taxation sévère de toutes les transactions financières, engager une réforme de la fiscalité aux échelons nationaux, mais également continentaux et mondiaux. C’est le sens, par exemple, de la taxation au kilomètre transporté qui interviendrait dans les deux sens, à l’import et à l’export. Ce qui est différent d’un droit de douane imposé de manière unilatérale, qui nous maintiendrait dans le paradigme de la concurrence alors que nous voulons nous en affranchir. Il ne s’agit pas de nier l’action possible au niveau national, mais il faut immédiatement lui ôter tout caractère pouvant s’apparenter au nationalisme, ce danger qui guette l’Europe. La démondialisation fait aussi fausse route en postulant que nous pourrions revenir à un modèle de développement tel que celui que nous avons connu après-guerre, ce qui est impossible aux plans ­social et écologique. Nous devons donc construire des solutions qui articulent tous les niveaux, du local au mondial, et qui apportent des réponses aux ­différentes dimensions de cette crise à la fois économique, sociale, écologique et par-dessus tout, démocratique. La démocratie est à revoir de fond en comble. Et nous avons besoin d’une régulation de type mondial. Oui à la déconstruction et à la démondialisation, oui à la construction, à la reconstruction d’une mondialisation des valeurs et des décisions politiques qui concernent les biens communs de l’humanité.

 

Jacques Nikonoff, vous vous situez dans le courant récent de la démondialisation, mais vous prônez aussi l’abandon de l’euro. Pourtant, peu nombreux sont ceux qui pensent que la sortie de la Grèce de l’euro 
lui serait profitable…

 

Jacques Nikonoff. La Grèce doit non pas être expulsée de la zone euro, mais décider d’elle-même de sortir de ce système d’aliénation et de domination que sont la monnaie unique et la politique monétaire menée par la Banque centrale européenne. La sortie de l’euro est nécessaire mais n’est pas suffisante. Elle doit être le fait d’une politique de gauche. Pour moi, la mondialisation, c’est la stratégie politique des classes dirigeantes à l’échelle planétaire pour discipliner le salariat et imposer l’ordre néolibéral mondial. Elle s’appuie sur trois ­piliers : les multinationales, qui assurent l’intégration du processus productif et financier ; les grands médias, qui maintiennent l’ordre intellectuel et idéologique ; et une série d’institutions – Otan, FMI, Banque mondiale, OMC et Union européenne. La démondialisation, c’est le contraire. C’est l’ensemble des initiatives, des luttes sociales, des processus électoraux qui visent à s’émanciper de l’ordre mondial néolibéral. Démondialiser sur le plan pratique, c’est, premièrement, sortir de l’euro par la gauche pour construire une monnaie non pas unique mais commune, car l’euro surévalué accélère les délocalisations et pèse sur l’emploi. Deuxièmement, c’est annuler les dettes, ne pas rembourser les spéculateurs. Troisièmement, c’est prendre des mesures protectionnistes dans une perspective universaliste et non pas nationaliste. Les échanges commerciaux doivent avoir pour règle de base l’équilibre entre les pays, qui ne doivent avoir ni excédent ni déficit vis-à-vis de leurs partenaires. Si cet accord de bon sens ne peut être conclu, il faut prendre des mesures protectionnistes unilatérales. Quatrièmement, c’est relocaliser les activités productives. Cinquièmement, c’est démanteler les marchés financiers et pas simplement les ­réguler. Sixièmement, c’est instaurer le droit opposable à l’emploi. Tout le monde doit avoir un emploi. Voilà ce que sont les bases de la construction d’un nouvel ordre international fondé sur des valeurs de solidarité, de coopération.

 

Nasser Mansouri-Guilani, comment avoir des relations de coopération, plutôt que des relations de concurrence acharnée faisant subir aux salariés pertes d’emploi, 
de salaire et aggravation des conditions de travail et de vie ?

 

Nasser Mansouri-Guilani. Pourquoi en est-on arrivé à ce point ? D’abord, les entreprises ont donné la priorité à la rentabilité financière des actionnaires, au lieu de la donner à l’emploi, à l’amélioration des qualifications et, in fine, aux besoins de la société. Ensuite, il y a l’absence d’une vision stratégique de long terme fondée sur des coopérations entre différents pays et, au contraire, une vision de court terme préoccupée par la rentabilité financière et fondée sur la mise en concurrence des travailleurs. Pour changer les choses, il faut à la fois ­intervenir sur les choix de gestion des entreprises et sur les choix politiques, ce qui va de pair. Depuis plusieurs années, en France, le montant des dividendes versés aux actionnaires a été de l’ordre 220 milliards d’euros, alors que le montant des investissements réalisés dans les entreprises a été de 200 milliards. Les travailleurs doivent pouvoir faire prévaloir d’autres choix, exiger d’investir ici, de créer tels emplois, d’améliorer telles qualifications, d’avoir tels projets de développement. Quant à la puissance publique, elle a une responsabilité politique. En 2010, l’ensemble des aides aux entreprises et des exonérations de cotisations sociales ou de fiscalité a été de l’ordre de 170 milliards, selon un rapport de la Cour des comptes. Cet argent ne devrait-il pas être utilisé pour promouvoir l’emploi, augmenter les salaires, améliorer les qualifications ? L’État a la responsabilité d’établir une politique industrielle. Mais on nous a prédit des entreprises sans usines et la fin de l’industrie. Cette illusion a détruit les atouts de la France et creusé son déficit commercial. Nous proposons de mettre en place une nouvelle politique industrielle articulée à des services de qualité, à la recherche-développement, aux services publics. La puissance publique a aussi un rôle important à jouer aux niveaux européen et international. Changer le contenu de la construction européenne n’est pas seulement l’affaire des politiques, c’est aussi celle les salariés à traversles comités d’entreprise, les comités européens, les comités de groupe. Contrairement à ce qu’on pense, la mondialisation ne met pas fin à la solidarité internationale des travailleurs. Et cette solidarité est un enjeu fondamental pour bâtir un autre monde et sortir de cette crise.

 

André Chassaigne, la France est très imbriquée dans l’Union européenne et au sein des relations internationales. Pour vous, quelle est l’urgence : engager des transformations en France, changer l’Union européenne ou se protéger de la Chine ?

 

André Chassaigne. Deux questions simples me viennent à l’esprit. La première : que peut-on faire efficacement, concrètement, pour que les peuples du monde, pas seulement le peuple de France, vivent mieux qu’aujourd’hui ? La deuxième : que va-t-on mettre en œuvre pour renverser le système capitaliste, qui se préoccupe uniquement des intérêts de quelques-uns et qui écrase les peuples du monde et pas seulement le peuple de France ? Il est évident que la réponse n’est pas dans une politique d’accompagnement du capitalisme qui ne remettrait pas en question les racines du système. Quand je discute des questions agricoles avec les consommateurs touchés par la vie chère ou avec les producteurs agricoles du territoire que je représente à l’Assemblée nationale, je vois bien que les problèmes nécessitent une prise en compte mondiale. Même s’il n’y a que 10 % des productions agricoles qui sont mondialisées, ces 10 % suffisent pour tout déséquilibrer. Mais il faut comprendre pourquoi nous en sommes arrivés là. Quelles sont les articulations économiques qui font que, par exemple, on va liquider l’agriculture vivrière d’Amérique du Sud, détruire la forêt amazonienne, bousiller des communautés villageoises pour produire du maïs transgénique, qui, après avoir été transporté jusque chez nous, nourrira nos vaches ou servira à produire les 10 % d’agrocarburants que nous mettrons dans le réservoir de nos voitures, puisque c’est l’objectif européen, au titre de la lutte contre le réchauffement climatique ? Concernant l’alimentation, la santé, l’énergie, l’eau, c’est-à-dire les biens communs de l’humanité, les réponses aux questions que je posais ne peuvent être que mondiales. Par contre, à condition qu’elles maintiennent leur pouvoir, les grandes multinationales se moquent complètement de voir les Français se retirer dans leurs frontières ou les Grecs sortir de l’euro. Face à elles, c’est bien une autre approche économique qu’il faut imposer. C’est le combat que mènent les communistes et le Front de gauche en France, et d’autres dans le monde – je pense au mouvement des Indignés ou à des gouvernements en Amérique latine. Autre exemple : évidemment, je me pose la question de la transition énergétique, mais je me pose aussi celle du réchauffement climatique. Alors, faut-il faire comme l’Allemagne, décider de sortir du nucléaire ? Je n’accepte pas que, dans un pays, on règle le problème avec davantage de pétrole, de charbon, de lignite, de gaz, en se désintéressant de l’avenir des peuples du Sud, pour qui le réchauffement climatique est une catastrophe plus grande encore que pour nous. Les réponses ne sont pas dans des mots faciles, elles ne sont pas dans le repli sur soi. La raison d’être des communistes, c’est l’approche universelle, la mondialisation des combats et c’est porter un coup au capitalisme.

 

Arnaud Montebourg. Ladémondialisation n’est ni un retour en arrière, ni un repli national, ni tout ce qu’on fantasme autour de ce projet. C’est un progrès pour l’immédiat. Toute solution que l’on veut mondiale n’est pas compatible avec le fait que les peuples ne peuvent plus attendre. La dé mondialisation est un projet qui s’attaque à des intérêts financiers, politiques, économiques et idéologiques, mais qui est réalisable. En s’associant, des nations qui décident de le mettre en œuvre peuvent changer le monde. Ce n’est pas un projet nationaliste, c’est un projet internationaliste et européen. Il ne s’agit pas d’organiser ce que Mme Le Pen propose, la haine institutionnelle des autres. Il s’agit d’obliger les États oppresseurs, et les multinationales qui en profitent, à créer des protections sociales, à améliorer la vie quotidienne des travailleurs. La démondialisation, c’est la riposte stratégique qui consiste, par des mesures unilatérales, des sanctions économiques, à changer concrètement le rapport de forces et à donner la possibilité à des États comme le nôtre de maintenir sa protection sociale, de préserver les niveaux de salaires et, si possible, de les remonter. Alors que des millions de gens aujourd’hui pensent que, face aux marchés, la politique a perdu et qu’il ne sert à rien d’aller voter, je propose un chemin où la politique reprend ses droits. Je ne peux plus accepter que, chaque fois qu’on propose des solutions nationales, on nous dise que ce n’est pas possible, qu’il faut voir au plan européen. Et qu’arrivés au plan européen, on nous dise qu’il faut aller au plan mondial. C’est comme cela que, aux plans mondial, européen et national, on n’a rien fait et que l’on a laissé les marchés briser la volonté des peuples. Le moment est venu de ­­reconstruire la suprématie de la politique sur les marchés. La démondialisation est aussi un projet écologique, car elle a pour but de limiter la prédation sur les ressources naturelles, la compétition délirante entre des continents et de rapprocher la production des besoins de la consommation. C’est un projet dans lequel la taxe carbone ou le protectionnisme sanitaire contre les OGM ont leur place. Dans lequel le coût de transport des marchandises sera renchéri car, aujourd’hui, lorsque des porte-conteneurs ou du fret aérien arrivent dans les ports et les aéroports, ils sont « duty-free taxe », alors que le diesel que vous mettez dans votre voiture est taxé à 70 %.

 

André Chassaigne. Je vois bien là le souci d’apporter des réponses aux difficultés du quotidien, mais ce discours ne peut être opérationnel s’il manque la décision politique et la volonté législative de s’attaquer à ce qui est essentiel, le levier financier. Le pouvoir capitaliste sait s’adapter, il l’a déjà fait à plusieurs reprises. Si, demain, dans le cadre que propose Arnaud Montebourg, on lui laisse les rênes, il s’adaptera encore et les multinationales feront la même politique néfaste. La maîtrise financière est indispensable à tout changement réel. Elle peut être mise en œuvre au niveau européen avec un fonds d’investissement qui permettrait d’orienter la production, d’aider des pays en difficulté pour le profit des peuples, pas pour celui de la spéculation. Dans notre pays, cette maîtrise financière passe par la création d’un pôle public bancaire, pour répondre aux besoins des gens. Si nous ne faisons pas cela, nous ferons des promesses qui seront suivies de déceptions et, j’en suis persuadé, par une montée de l’extrême droite. Nous aurions alors une lourde responsabilité.

 

Jacques Nikonoff. Nous sommes tous dans le camp de la gauche, nous devons poursuivre ce débat sans concession. Voilà trois réflexions. Premièrement, il n’y a pas de solution mondiale et pas de solution nationale pure. D’abord, parce que l’échelon mondial est aux mains des multinationales et des instances multilatérales contrôlées soit par les États-Unis soit par les classes dirigeantes, et qu’il n’y a pas de démocratie à l’échelle mondiale. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas poursuivre les luttes pour une convergence mondiale. Ensuite, au plan européen, pour changer les traités comme celui de Lisbonne, il faut l’accord unanime des vingt-sept pays de l’Union. Peut-on croire que ces pays vont, à court terme, se convertir à des politiques de gauche ? En attendant, il faut bien prendre des mesures unilatérales, mais qui s’inscrivent dans une perspective universaliste. Il y a des solutions globales pour lesquelles il faut articuler le court et le long terme, le local, le national et l’international. Deuxièmement, lorsqu’un syndicaliste s’inquiète des menaces de son patron, qui estime que ses salariés ne sont pas compétitifs par rapport aux salariés chinois, il ne demande pas le repli sur soi, mais simplement le maintien de l’emploi. Oui, il y a un problème avec la Chine et avec l’Allemagne, mais c’est avec leurs classes dirigeantes, pas avec leurs peuples. Il ne peut y avoir un monde harmonieux quand certains pays ont des excédents commerciaux considérables. Troisièmement, sortir de l’euro par la gauche pour les Grecs, cela veut dire : annulation de la dette, fin des plans d’austérité, augmentation des salaires, développement des services publics, souveraineté monétaire, démantèlement du marché financier, nationalisation des banques.

 

Nasser Mansouri-Guilani. Ce n’est pas en augmentant les droits de douane sur les produits chinois qu’on protégera les travailleurs en France. Le meilleur moyen de le faire, c’est de leur donner la possibilité d’avoir des emplois plus qualifiés et mieux payés. Or, la France est dans la moyenne des pays développés pour les coûts salariaux et elle est en tête pour la productivité du travail. Lorsque les patrons disent que le coût du travail en France est élevé, c’est une contre-vérité. Le problème, c’est que les richesses produites vont de plus en plus vers les détenteurs de capitaux. En 1985, sur 100 euros que produisaient les travailleurs, 5 allaient aux actionnaires. Aujourd’hui, sur 100 euros, 25 vont aux actionnaires, soit 5 fois plus. Il faut revoir la stratégie des entreprises, augmenter les salaires, l’emploi qualifié, la recherche-développement, améliorer les infrastructures, les services publics, c’est cela, la vraie protection pour la France. On parlait de solidarité internationale des travailleurs. Le problème n’est pas que les Français vivent au-dessus de leurs moyens, mais il est de lutter pour que les droits sociaux, les normes environnementales s’améliorent en Chine. Quant aux institutions internationales, elles émanent des États. Pourquoi les représentants de la France à l’OMC, au FMI, à la Banque mondiale ne pourraient-ils pas porter les volontés des citoyens ? Les peuples veulent la coopération, la réponse aux besoins, la paix, ils ne veulent pas la concurrence. L’exigence démocratique implique de peser sur les choix stratégiques des entreprises, mais aussi, à partir des luttes sociales, de peser sur les choix politiques pour changer les orientations des institutions internationales.

 

Jean-Marie Harribey. Il semble que nous soyons tous d’accord pour considérer que nous sommes dans un combat contre le capitalisme mondial et les classes dirigeantes, alors, faisons attention à ne pas glisser d’un conflit de classes vers un conflit entre nations. On pourra mettre tous les droits de douane possibles, on ne comblera pas, surtout à court terme, les écarts de développement, de salaires, de coûts de production, qui se chiffrent de 1 à 20, de 1 à 30 à l’échelle mondiale. Il n’est pas question de nier tout ce qu’il est possible de faire à tous les échelons. Mais, face à la gravité et à la mondialité de cette crise, les réponses ne peuvent pas être exclusivement nationales. Le réchauffement climatique ne peut pas être résolu par des solutions nationales. Bien sûr, il n’y a pas de démocratie à l’échelle mondiale, mais le projet politique qui s’enracine dans le présent doit tenir compte des urgences de restructuration mondiale. Mettre au pas les marchés agricoles, en finir avec les spéculations sur les produits alimentaires ne peut se faire en France ou en Allemagne isolément. Ce ne sont pas les Chinois qui prennent nos emplois, ce sont les multinationales qui profitent du niveau infrasocial, esclavagiste de la Chine, comme l’a souligné Arnaud Montebourg. Il faut donc se battre pied à pied pour que les conquêtes arrachées au cours du siècle passé ne puissent être remises en question et pour qu’elles deviennent, au contraire, un signal pour le prolétariat du Sud. La mondialisation que nous connaissons depuis quarante ans est insupportable, il faut y mettre un terme. Mais il ne suffit pas de mettre un préfixe « dé » devant mondialisation pour avoir la solution d’un coup de baguette magique. Tout est à reconstruire, c’est le sens de l’altermondialisme, qui n’a pas pris une ride depuis quinze ans. Alors que les classes dominantes ont pour seule réponse de faire payer les travailleurs, les populations, nous devons affirmer que les peuples ne peuvent pas s’opposer entre eux. Il nous faut réussir à faire progresser ce débat éminemment politique afin de construire une stratégie gagnante.

Table ronde réalisée à la Fête de l’Humanité par Pierre Ivorra et retranscrite par Jacqueline Sellem

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Cérémonie 11 novembre à Villepinte

12 Novembre 2011, 09:28am

Publié par PCF Villepinte

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 Pour cette fois, sous l'organisation conjointe de deux adjoints au maire, Marie-Thérèse Hubert et Gonzalo Chacon, en présence de nombreux villepintois, de personnalités, des associations d'anciens combattants, la cérémonie a contribué au devoir de mémoire et à la lutte pour la paix.

 

 

 

 

 

Madame Nelly Roland, Maireceremonie-11-nov-a-Villepinte-005.jpg de Villepinte et madame Martine Valleton, Conseillère régionale et générale ont rappelé les causes et les effroyables conséquences humaines de la conflagration de 1914/1918, le respect dû à ceux , de toute origine,qui ont sacrifié leur vie pour la liberté  et insisté sur les leçons à en tirer pour les générations actuelles.

 

 

 

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Souffrance au travail: la crise pourrait mener à un pic de suicide

12 Novembre 2011, 09:04am

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 11 Novembre 2011

 

 

 

Alors que nos dirigeants n'ont d'yeux que pour les sautes d'humeurs des marchés, la crise frappe durement les travailleurs. Le stress et la peur de perdre son emploi font craindre à un pic de suicide à venir.

Souffrance au travail et crise forment un cocktail dangereux: c'est en substance ce qu'ont souligné des experts lors d'une journée nationale de l'écoute organisée cette semaine à Paris par S.O.S Amitié, certains allant jusqu'à redouter un "pic de suicides". Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à regarder ce qui se passe en Grèce, pays qui subit la crise de plein fouet, et où le nombre de suicides a augmenté de 40% au premier semestre 2011 comparé aux six premiers mois de 2010, selon une étude du Lancet. Étude qui note une augmentation des suicides dans l'ensemble des pays d'Europe depuis 2008. (voir à ce sujet : Une étude dénonce les ravages de la crise sur la santé des Grecs)

L'ex-médecin urgentiste Philippe Rodet, aujourd'hui reconverti dans le conseil aux entreprises, s'est dit "assez inquiet, parce qu'on va avoir une intersection entre deux phénomènes pour la première fois à ma connaissance dans notre Histoire: deux crises qui vont se superposer". Selon ce spécialiste du stress, une crise entraîne "une véritable souffrance" dont l'expression "est maximale trois ans après", ce qui a notamment été observé après la crise de 1929, avec des "pics de suicides en 1932".

"En 2011, trois ans après 2008, on traverse une phase très difficile et il y a de nouveau une crise qui apparaît, et j'ai très peur de l'intersection de ces deux phénomènes" s'inquiète-t-il. "Le point culminant, je pense qu'il est devant nous, qu'il est proche, et qu'il va demander une vigilance particulière", a-t-il insisté. .Philippe Rodet précise par ailleurs que les suicides ne sont que "la partie émergée de l'iceberg" des problèmes de souffrance au travail. "Si on compte le nombre d'infarctus dans les entreprises où il y a beaucoup de suicides, ces entreprises sont mal parties".

Tout en soulignant qu'il y a un "fort investissement des Français en entreprise", Jean-Claude Delgènes, directeur du cabinet Technologia qui a notamment travaillé sur la vague de suicides à France Télécom, a relevé que le travail était "de plus en plus maltraitant, de plus en plus subi". L'expert dit observer l'apparition de "suicides quasiment militants", en référence aux cas récents d'immolation et prévient en outre qu'"on va vers des homicides en entreprise".

Et c'est d'autant plus préoccupant que de nombreuses entreprises jugent que la lutte contre les risques psychosociaux (stress, violences, suicides...) sont moins une priorité en temps de crise. Selon lui, la France a l'un des taux de suicide les plus élevés d'Europe avec quelque 10.500 cas par an, et 15.000, si l'on compte les suicides "maquillés".

Lire aussi : Le psychiatre Jean Furtos montre les ravages du système libéral sur la solidarité : « Malades de la mondialisation »

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