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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

La lettre de P Le Hyaric

25 Octobre 2020, 09:20am

Publié par PCF Villepinte

 

Bonjour à chacune et chacun,

 

Mercredi soir, la Nation a rendu un hommage déchirant à Samuel Paty dans la cour de La Sorbonne au travers d'une cérémonie solennelle. En ce lieu, le président de la République lui a remis à titre posthume les insignes de la Légion d’honneur, avant de prononcer un discours salué par l’ensemble des groupes républicains du Parlement.

 

La Sorbonne est un symbole lumineux qui s’oppose à la laideur et à la froideur haineuse du fondamentalisme islamiste qui a frappé un enseignant chez nous, comme il frappe des milliers de personnes à travers le monde.


Symbole du savoir et de la connaissance, l’une des premières universités au monde après celles érigées par les musulmans au Caire, à Fès ou à Bagdad, la Sorbonne incarne nos désirs d’émancipation, à l’opposé des simplismes obscurantistes, de la bêtise, de la négation des connaissances qui ont poussé à la décapitation d’un passeur de savoirs. L’assassin lui a ôté la tête comme pour signifier la haine de ce qui pense.

 

A cet obscurantisme, ont été opposés en ce lieu le droit et le devoir à l’éducation, le primat de la connaissance, le désir de culture et le besoin de s’élever, le respect de l’autre pour faire monde ensemble. Tout ce que rejette ce terrorisme islamiste qui rêve d’éteindre ces lumières pour soumettre les hommes et les femmes à d’autres lois que celles qu’ils décident ensemble, par la dispute démocratique et le débat public. Autant de choses dont nous avons besoin pour instaurer le rapport de force nécessaire à la construction d’un grand projet émancipateur et d’égalité entre tous les citoyens.

 

Citoyens actifs par-delà nos croyances, participant à faire vivre une République dégagée du carcan capitaliste, qui porte enfin la liberté, l’égalité, la fraternité ; une République où chacune et chacun grandit sans cesse de l’apport de l’autre, de l’esprit critique, du questionnement, dans le cadre d’une Nation indivisible que bâtit au fil du temps chacun de ses membres sans distinction d’origine, de croyance, de religion, de philosophie.

 

Une Nation débarrassée des oukases d’instances internationales ou européennes qui peu à peu lui ôtent toute souveraineté et fragilisent la citoyenneté. Phénomènes encore amplifiés par l’alignement sur l’impérialisme américain et l’Otan. Une nation, donc, qui ne serait ni soumise aux choix guerriers au Moyen-Orient, ni aux alliances mercantiles avec les théocraties pour leur vendre des armes. Une France qui enfin reconnaitrait aux Palestiniens le droit à un Etat au côté de celui d’Israël.


Or, c’est cette orientation que détruisent les présidents de la République depuis au moins trois mandats. Non seulement par une politique étrangère scélérate qui ôte à la France son rôle de promoteur de paix, mais aussi par une politique de destruction méthodique de toutes les institutions sociales, promouvant l’austérité et la concurrence de tous contre tous.

 

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"Forfait urgences" : un nouvel obstacle à l'accès aux soins

25 Octobre 2020, 08:56am

Publié par PCF Villepinte

CGT Publié le 23 oct 2020

 

Le scandale du “forfait patient urgences” La CGT lance une pétition contre la mise en place d’un forfait payant pour les passages aux urgences sans hospitalisation. Cette disposition marque un nouveau recul pour l’accès au droit à la santé dans un contexte de crise sanitaire et d’explosion de la pauvreté.

Alors que toute notre attention est fixée sur la capacité de notre système de santé à absorber le choc de l’épidémie de coronavirus, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale de 2021(PLFSS), présenté début octobre, prévoit plus de 800 millions d’euros d'économie sur l’hôpital.

Une mesure punitive

Parmi les mesures préconisées, le gouvernement envisage, sans concertation, la création d’une « participation », au «montant forfaitaire » pour chaque passage aux urgences dès lors que celui-ci ne serait pas suivi d'une hospitalisation. Ce forfait, à peine détaillé dans le PLFSS 2021, devrait impacter 80% des patients qui passent par les urgences. Il remplacera l’actuel ticket modérateur laissant à la charge du patient 20 % du coût de ses soins qui seront pris en charge par la complémentaire de santé… enfin pour ceux qui en ont une.

Double peine

Pour les 5% de français qui n'ont pas de complémentaire santé (soit plus de 3 millions de français), cette décision risque d’aggraver un peu plus le renoncement aux soins. Compensant souvent les insuffisances de la médecine de ville, les urgences hospitalières étaient, jusqu’alors, la garantie d’être soigné quelques soient ses moyens. Cette disposition crée un nouvel obstacle à l’accès aux soins et rogne un peu plus sur le principe de solidarité de la Sécurité sociale.

Mauvaise réponse à un vrai problème

Mais les malades ne peuvent être rendus responsables du manque de médecins de ville ou de recours possibles à des soins de proximité qui les obligent à se rendre dans les services d’urgence. C’est pourquoi, pour la CGT « le gouvernement doit renoncer à ce projet scandaleux ». C’est dans ce sens que la CGT a lancé une pétition contre la mise en place du “forfait urgences” à faire signer et à partager avec les salariés et les usagers.

 Signer la pétition  https://www.cgt.fr/petition/non-au-forfait-urgences  

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Les données françaises de santé et Microsoft - Saison 2 : Le petit marquis  d’O contraint à battre en retraite

22 Octobre 2020, 06:50am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 21/10/2020 par PCF

Rappel de la saison précédente traitée dans le numéro 825 du 2 septembre 2020 de CommunisteS :    En janvier 2016, la ministre de la Santé pré-macronienne Marisol Touraine fait voter une loi sur la création dun « système national des données santé », prélude à une marchandisation de ces données.

https://d3n8a8pro7vhmx.cloudfront.net/pcf/pages/12322/attachments/original/1603262134/visuel-O_%281%29.jpg?1603262134

En juillet 2019, sous l’impulsion de Cédric O et Agnès Buzyn avec la loi de juillet 2019, le « système national » devient une « plateforme » dénommée en bon français « health data hub ». Sa mise en œuvre est confiée à Jean Aubert dont les « liens intérêts » (sic) avec Iqvia, le plus gros marchand de données de santé aux États-Unis, sont explicites (1). Hors de toute règle de marché public et profitant de l’état d’urgence sanitaire, Cédric O impose Microsoft comme maître-d’œuvre de la plateforme des données de santé de 67 millions de Français, c’est-à-dire l’hébergement mais aussi les outils logiciels d’analyse et de traitement des données. Cédric O justifie son choix en faveur de Microsoft en arguant mensongèrement que les Français ne savaient pas faire. Rappelons qu’après le retrait des États-Unis la fondation Bill Gates est devenue avec la Chine le principal bailleur de fonds de l’OMS.

La fin de la 1re saison est marquée par les réserves de la CNIL et de ANSI (2), les protestations des professionnels de santé et des acteurs du logiciel libre, réunis dans des collectifs comme InterHop, et la fureur des entreprises informatiques françaises après les propos humiliants du petit marquis O.

La saison 2 commence par une saisine en juin 2020 du Conseil d’État par le collectif Santénathon (3), regroupant des acteurs français du logiciel libre et de l’« open data », des organisations de soignants, UFMICT-CGT et l’UGICT-CGT, pour bloquer la décision du gouvernement au nom du droit à la protection de la vie privée.

Le 16 juillet, la Cour de justice de l’Union européenne entre en scène en cassant l’accord sur les données personnelles entre les États-Unis et la Commission européenne, en considérant qu’il ne protégeait pas assez les citoyens européens face à l’extra territorialité des lois étatsuniennes.

En s’appuyant sur la décision de la Cour de justice européenne, Santénathon opère une seconde saisine du Conseil d’État le 16 septembre.

Le 8 octobre, dans un mémoire (4) adressé au Conseil d’État, la CNIL confirme les éléments motivant la saisine. Cet avis de la CNIL a obligé le gouvernement à prendre en urgence un arrêté le 9 octobre, précisant « qu’aucun transfert de données à caractère personnel ne peut être réalisé en dehors de l’Union européenne ». (5)

Mais malgré cette manœuvre de dernière heure, le 14 octobre le Conseil d’État reconnait que l’accord entre l’État français et Microsoft permet au gouvernement des États-Unis d’accéder aux données de santé des Français. Si le Conseil d’État s’est pour l’instant refusé à arrêter totalement le projet, il a demandé au « Health Data Hub » et à Microsoft de conclure encore de nouveaux avenants à leurs contrats, et de prendre encore des précautions supplémentaires, sous le contrôle de la CNIL. Il a indiqué être dans l’attente d’une solution qui permettra d’éliminer tout risque d’accès aux données personnelles par les agences gouvernementales des États-Unis, autorités américaines, renvoyant notamment à un appel d’offre en direction d’un prestataire français ou européen.

Cette situation a contraint Cédric O à manger son chapeau devant les sénateurs en déclarant : « Nous travaillons avec Olivier Véran (…) au transfert du Health Data Hub sur des plateformes françaises ou européennes. »

Cependant, comme pour l’instant le transfert de données vers Microsoft n’est pas stoppé et comme l’on connaît le peu de crédibilité que l’on peut accorder à la parole gouvernementale, le collectif Santénathon entend ne pas lâcher l’affaire en la portant maintenant sur le fond auprès du Conseil d’État afin d’enterrer définitivement l’accord avec Microsoft.

Pour sa part, le PCF propose la création d’un service public des données de santé associant expertises des soignants, organismes de recherche publics et entreprises nationales, assis sur une renaissance industrielle de notre pays, et participant à la construction d’une souveraineté numérique de la France dans le cadre de coopérations européenne et internationale. Il mettra cette proposition en débat le 23 novembre dans un Webinaire sur l’avenir des données de santé dans le cadre des lundis des États généraux de la révolution numérique qu’il organise.

Yann Le Pollotec, responsable de la commission Révolution numérique et informationnelle

1. https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/12/24/donnees-de-sante-conflit-d-interets-au-c-ur-de-la-nouvelle-plate-forme_6023918_3244.html

2. Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information.

3. https://www.santenathon.org/

4. https://cnll.fr/documents/35/OBSERVATIONS_DE_LA_CNIL_8_OCTOBRE_2020.pdf

5. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042413782

 Document vidéo pour aller plus loin :  https://video.ploud.fr/videos/watch/13964678-d65f-4fe7-9806-ef071441a477

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“Il est difficile d’avoir 20 ans en 2020”

22 Octobre 2020, 06:46am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 21/10/2020 par PCF

“Il est difficile d’avoir 20 ans en 2020”

Face à l’arrivée d’une deuxième vague de Covid-19,le président de la République a accordé un entretien télévisé afin dannoncer de nouvelles mesures pour freiner la pandémie.

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Emmanuel Macron a mentionné une possible saturation des lits en réanimation et la difficulté du personnel soignant à répondre à l’afflux croissant de patient·e·s hospitalisé·e·s à cause du virus.

Le Président de la République a une nouvelle fois fait mine de découvrir la situation alarmante dans laquelle se trouve l'hôpital public. Pourtant, lors du confinement, Emmanuel Macron avait annoncé sa volonté de doter l’hôpital public de moyens suffisants pour faire face à une possible seconde vague. Six mois après ce discours, aucun investissement n’a été fait et la situation a empiré. Le manque de personnel soignant, soumis à rude épreuve, est toujours une réalité et le déficit de places en réanimation se fait cruellement ressentir. Malgré les annonces du gouvernement au sortir de la première vague la situation n’a en rien été améliorée.

L’exécutif a fait le choix de mettre en place un couvre-feu dans les huit grandes métropoles les plus touchées par le virus afin de freiner la pandémie. Pourtant, la majorité des clusters identifiés aujourd’hui se trouvent sur le lieu de travail et dans l’enceinte scolaire. De plus, la majorité des contaminé·e·s se situe en dehors de tout cluster. Le couvre-feu semble donc entrer en contradiction avec l’absence de mesures concrètes pour freiner la propagation du virus et réduire le nombre de clusters.

L’exécutif est responsable de l’ampleur de cette crise sanitaire. Le télétravail n’a pas été développé, les classes n’ont pas été dédoublées à la rentrée, l’offre de moyens de transports en commun sur le territoire n’a pas été augmentée, les masques n’ont pas été fournis gratuitement à la population...

Emmanuel Macron a également évoqué la situation des jeunes. “Il n’est pas facile d’avoir 20 ans en l’an 2020”. En effet, il n’est pas facile d’être jeune aujourd’hui. En plus des restrictions sociales à cause de la crise sanitaire, s’ajoute une crise économique sans précédent qui touche de plein fouet les jeunes.

La nouvelle génération est aujourd’hui la première victime de la crise économique. Montée du chômage, hausse de la précarité, recours plus important aux aides alimentaires, l’avenir des jeunes s’annonce bien sombre.

Interpellé sur l’ouverture du RSA aux moins de 25 ans, Emmanuel Macron rejette cette mesure, préférant accorder une aide exceptionnelle de 150 euros aux bénéficiaires actuel du RSA et ceux touchant les APL, expliquant que “si on augmente tous nos minima sociaux… on rend difficile le retour à l’activité”.

Non, les jeunes n’ont pas besoin d’une aide exceptionnelle de 100 euros pour une durée limitée et sous conditions, ni de plus de contrats précaires de 3 mois (le plan Castex). Ce dont nous avons besoin, c’est d’un réel filet de sécurité accessible à toutes et tous, pour répondre à l’urgence de la situation, pour rebondir et se projeter, pour ne pas rendre notre avenir plus opaque qu’il ne l’est déjà. Ce qui rend difficile le retour à l’activité, c’est d’enchaîner des périodes d’inactivité dans une misère totale et des contrats précaires à durée limitée payés en dessous du SMIC.

Face à la montée du chômage pour les jeunes, l’exécutif a mis en place un plan d’urgence. Ce “plan pour les jeunes” prévoit l’ouverture de 100 000 services civiques et des primes aux entreprises pour de simples CDD de trois mois. Jean Castex offre comme seule perspective pour les jeunes une succession de petits boulots payés une misère.

S’il est en effet difficile d’avoir 20 ans en 2020, cela ne relève pas uniquement de la crise sanitaire. La situation économique, le peu de perspectives proposées par le gouvernement et la précarité plongent des millions de jeunes dans l'incertitude.

Le MJCF demande l’ouverture du RSA pour les moins de 25 ans, comme filet de sécurité pour éviter qu'un trop grand nombre de jeunes ne tombent dans la grande précarité.

Le MJCF demande une sécurisation des parcours. Il faut mettre fin aux contrats précaires, le CDI et la titularisation doivent devenir la norme et nous devons interdire toute rémunération en dessous du SMIC.

Alors que la fonction publique, à commencer par le secteur de la santé, pâtit du manque de personnel, des millions de jeunes se retrouvent sans formation ni emploi. Le MJCF demande un investissement massif dans le service public pour recruter et former des agents afin d'offrir à toutes et tous un service public répondant aux besoins de la population.

 

Léon Deffontaines, secrétaire général du MJCF.

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PCF - Parti communiste français 10 k abonnés "La mort de Samuel Paty nous oblige" André Chassaigne

22 Octobre 2020, 06:42am

Publié par PCF Villepinte

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Alain Souchon - La vie ne vaut rien (Clip officiel)

18 Octobre 2020, 10:17am

Publié par PCF Villepinte

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La Lettre du 18 octobre 2020 patrick-le-hyaric

18 Octobre 2020, 10:11am

Publié par PCF Villepinte

 

 

Bonjour à chacune et chacun,

 

Rien, strictement rien, absolument rien ne saurait justifier la mise à mort d’un Homme. Un homme qui plus est enseignant, éducateur, passeur d’Histoire et de Géographie, deux matières indispensables pour éclairer le monde et s’éclairer soi-même. L’assassinat d’un enseignant à la sortie de son collège parce qu’il y explique l’Histoire et y défend la liberté d’expression est une victoire de la haine fascisante. Tuer un enseignant c’est tuer le projet d’ouvrir les enfants au monde, et tuer la possibilité de bâtir le leur dès demain.

 

La douleur est immense et le chagrin sans fond face à cet acte ignoble. Les mots manquent quand les questions s’accumulent dans nos têtes. Elles se résument à quelques adverbes : qui, comment, pourquoi ? On peine à aller plus loin, subjugués par l’atrocité du crime et la stupidité du mobile. Nos pensées sont toutes dirigées vers les proches de ce professeur, sa famille, les enseignants et les parents d’élèves de ce collège, à l’ensemble du corps enseignant et à tous les fonctionnaires d’une Education nationale frappée au cœur.

 

Les caricatures de Mahomet font désormais partie de notre histoire. En leur nom et contre la liberté de dessiner et de penser, des assassins fanatiques ont décimé la rédaction de Charlie-Hebdo et cherché à répandre la terreur, en France comme ailleurs. Elles doivent pouvoir être montrées, non pour ce qu’elles expriment, mais comme document nécessaire à la compréhension des temps présents. Cette mise à distance est la condition absolue d’une société fondée sur la raison.

 

La loi du Talion n’a pas sa place dans une société démocratique régie par l’État de droit. Au « œil pour œil, dent pour dent » et à la vengeance, le progrès humain a substitué la justice et l’art du débat. C’est un acquis à valeur universelle sur lequel s’appuient toutes les forces de progrès à travers le monde, en butte face à la dictature ou au fanatisme, et parfois face aux deux. C’est le remède contre le lent mais décidé glissement obscurantiste des sociétés.

 

La transmission du savoir, tâche des plus nobles confiée aux corps enseignant, doit être absolument sanctifiée et l’éducation nationale renforcée, protégée et aidée dans ses missions dont celle, fondamentale, de forger l’esprit critique et civique des futurs citoyens, quelles que soient leurs croyances ou origines. C’est une évidence qu’il convient de rappeler.

 

Pour l’heure, l’enquête se dirige vers un Tchétchène né à Moscou en 2002. Cette barbarie ne semble donc pas concerner des français de confession musulmane qu’il faudra protéger des récupérations racistes qui n’ont déjà pas manqué de surgir.

 

Cet abject assassinat appelle au combat pour renforcer considérablement les fondements d’une République sociale, laïque et démocratique fidèle à ses principes de liberté, d’égalité et de fraternité, à retrouver dans la société la force du débat civilisé. C’est la condition pour recoudre l’unité de la nation. Cette tâche, ardue mais essentielle, est la condition indépassable d’une sécularisation apaisée pour dépasser, ensemble et solidairement, ces terribles épreuves. 

 

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Vous n'avez pas tiré les leçons de la première vague !

16 Octobre 2020, 16:25pm

Publié par PCF Villepinte

Monsieur le ministre, en cette période de rebond de pandémie de la covid-19, notre système de santé est à nouveau sous tension. Tous les voyants sont au rouge. Vous assurez maîtriser la situation. Le Président de la République va faire des annonces ce soir, orientées visiblement vers de nouvelles restrictions de libertés, mais ce n’est pas la solution.

Vous n’avez pas tiré les leçons de la première vague, et de nouveau les hôpitaux sont saturés. Les personnels soignants crient leur inquiétude et leur colère. Ils sont épuisés, démunis, sous-payés, avec des directions de plus en plus autoritaires, et on leur demande de faire face de nouveau.

Cette fois, la pandémie se répand partout sur le territoire ; cette fois, il n’y aura pas de renforts de personnels pour aller au secours de telle ou telle région débordée. Et l’hôpital n’a toujours pas les moyens nécessaires pour faire face de nouveau à un manque insupportable de lits et de personnels. Quant à la médecine de ville, elle est aussi en difficulté.

Aussi, ma question est simple, monsieur le ministre : que dites-vous aux personnels hospitaliers qui seront dans la rue demain pour dire que le Ségur ne fait pas le compte ? Que dites-vous à toutes celles et à tous ceux qui démissionnent, des chefs de service – je pense notamment au docteur Maurice Raphaël, chef des urgences de l’hôpital Bicêtre depuis dix ans –, jusqu’aux infirmières et aux aides-soignantes ? (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE.)

M. le président. La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé.

M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. Madame la sénatrice, voici ce que je dis, comme ministre des solidarités et de la santé, aux soignants : « Tenez bon, on est avec vous, merci pour votre action, on y arrivera ! » (Protestations sur les travées des groupes CRCE et Les Républicains.)

Madame la sénatrice, à entendre le début de votre question, je me suis presque demandé si l’on parlait bien d’une épidémie causée par un virus circulant en France, en Europe et dans le reste du monde, qui a mis à plat les trois quarts de la planète pendant des mois durant…

À entendre votre question, je me suis demandé si, finalement, vous ne pointiez pas, dans la situation sanitaire que nous connaissons, une responsabilité qui ne serait pas d’origine virale ou naturelle. Tel n’était évidemment pas le cas, madame la sénatrice, mais je tenais tout de même à vous le faire préciser.

Madame la sénatrice, dans quelques jours, dans quelques semaines, vous voterez – je l’espère – un projet de loi de financement de la sécurité sociale qui porte en lui-même le renouveau de l’hôpital public : création de 4 000 lits – alors que, jusqu’à présent, on en fermait des milliers tous les ans –, embauche de 15 000 soignants à l’hôpital – alors que cela fait des années que la masse salariale n’était plus adaptée à la charge de travail –, sortie de la tarification à l’activité pour aller vers une dotation populationnelle, changements des règles de gouvernance internes aux établissements de santé, pour permettre une meilleure représentativité des professionnels de santé en leur sein, enfin – j’allais oublier, pardon ! – quelque 8,8 milliards d’euros de revalorisation annuelle des salaires pour 1,6 million de salariés du soin à l’hôpital et en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, dont 85 % sont des femmes. (Mme Patricia Schillinger applaudit.)

Madame la sénatrice, vous allez ainsi avoir la possibilité de voter – j’espère que vous le ferez – la plus forte réduction en une seule fois de l’écart salarial entre les hommes et les femmes dans l’histoire de notre pays – 8,8 milliards d’euros !

Madame la sénatrice, tous les personnels soignants de l’hôpital, et même les personnels non soignants, ont déjà touché 90 euros net par mois de plus, ce qui n’est pas rien.

Dans quelques mois, en mars au plus tard, ils percevront 93 euros net de plus par mois. Grâce à un travail sur les grilles salariales, ils toucheront également en moyenne 35 euros de plus par mois. Au travers de l’engagement collectif de ses membres, l’aide-soignante, au sein d’une équipe, bénéficiera d’une revalorisation identique, relativement, à celle du médecin.

Madame la sénatrice, je respecte profondément le dialogue social dans notre pays. Vous avez indiqué que des syndicats appelaient à la grève. Dont acte ! Mais, sans vous faire affront, je vous rappellerai qu’une majorité de ces syndicats a signé les accords du Ségur – je tiens la liste à votre disposition – et en assure la promotion, parce que ces accords sont bons et apportent au problème de l’attractivité de l’hôpital une solution non pas instantanée, mais durable, nécessaire, efficace et qui était devenue urgente.

Encore une fois, je remercie les soignants et je leur dis de tenir bon. Je crois que, de notre part, c’est aussi cela qu’ils ont envie d’entendre. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. – M. Loïc Hervé applaudit également.)

M. le président. La parole est à Mme Laurence Cohen, pour la réplique.

Mme Laurence Cohen. Rassurez-vous, monsieur le ministre, nous n’avons pas oublié qu’il y avait un virus, qui représente un défi important ! Mais vous continuez à ne pas entendre les personnels.

Effectivement, ils se sont battus et ils ont obtenu des augmentations de salaire. Mais ce qu’ils demandent, c’est 300 euros par mois.

M. Olivier Véran, ministre. Ils les ont eus !

Mme Laurence Cohen. Aujourd’hui, des soignants continuent à démissionner parce qu’ils ne sont pas respectés. Il ne suffit pas de leur dire « tenez bon » ; il faut en finir avec les cadences infernales à l’hôpital, avec le travail sans discontinuer. « On manque de personnels, on manque de lits ! » : voilà ce que nous disent les personnels, et vous ne voulez pas les entendre.

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 prévoit encore près de 1 milliard d’euros d’économies. Vous continuez à faire des choix qui étranglent l’hôpital et qui mettent à genoux la médecine de ville. Ce n’est pas ce qu’attendent les personnels.

Effectivement, monsieur le ministre, si vous ne voulez pas les entendre dans la rue (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.), si vous ne voulez pas nous entendre, nous, membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste,…

M. le président. Il faut conclure !

Mme Laurence Cohen. … vous vous exposerez à répondre de l’accusation de non-assistance à personnels en danger ! (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE, ainsi que sur des travées des groupes SER et Les Républicains.)

M. Olivier Véran, ministre. Tout en finesse…

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Renforcer le schéma des formations pour les infirmiers des établissements publics hospitaliers

16 Octobre 2020, 11:44am

Publié par PCF Villepinte

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À propos d’une conception universaliste…

16 Octobre 2020, 11:41am

Publié par PCF Villepinte

Matrice(s)

https://1.bp.blogspot.com/-1t0b_LYMn6U/X4he4Byn1eI/AAAAAAAAGRA/j9b5kWNP1l4A8RXkcgV-DQlYbtdvC6GqQCLcBGAsYHQ/s320/Conjuration_des_%25C3%25A9gaux.jpg

À propos d’une conception universaliste…

Horizon. Parvenus à ce point de bascule du (nouveau) monde qui nous conduit du doute fondamental aux doutes multiples et inouïs, nous regardons la France avec d’autant plus d’introspection que la situation nous afflige. Nous y voilà, à cette «deuxième vague», sournoise et incompréhensible à bien des égards. On nous l’annonce «forte», à limage des mesures désormais annoncées. Et nos gouvernants nous ont rendus plus faibles. Résumons: politique de dépistage catastrophique; traçage déficient; isolement inexistant; refus dogmatique de rendre les masques gratuits; naufrage de lapplication StopCovid; culpabilisation des individus La plupart des réponses restent incohérentes et surtout illisibles dans la durée. Comme si l’État, celui de notre République soi-disant chérie, se trouvait dans une totale incapacité à anticiper, à planifier, à regarder ne serait-ce que du bout des yeux cette part d’horizon – qui s’obscurcit désespérément. Notre art du collectif semble même atomisé, tétanisé par la peur des jours d’après, des semaines à venir, des mois qui paraissent des années. Tout devient difficulté, pris que nous sommes dans une tenaille mortifère, entre absence de visibilité et climat anxiogène. La crise d’autorité atteint des sommets, dans tous les secteurs de la vie commune – jusqu’aux sciences, ce qui laissera des traces durables sur notre capacité de citoyens à «avoir confiance» – et elle se double de toutes les crises conjuguées, sanitaires, sociales, économiques, culturelles. Le pouvoir en place est proche du fiasco. Et il le sait, poussant les réflexes de repli, d’égoïsme, transformant les légitimes gestes barrières en barricades. Qui ne verra pas le bout du tunnel? Eux? Nous?

 

Activisme. Au cœur de cet ici et maintenant si singulier, Noam Chomsky, le célèbre professeur américain, annonçait la semaine dernière: «Nous vivons l’instant le plus dangereux de l’histoire de l’humanité.» Exagère-t-il? Pour lui, la crise climatique, la menace de la guerre nucléaire et la montée des autoritarismes sont la fabrique des temps modernes, qui laisse entrevoir la survenue potentielle de «la» catastrophe. Le linguiste et activiste, âgé de 91 ans, affirme que les périls en question dépassent ceux des années 1930: «Il n’y a rien eu de semblable dans l’histoire de l’humanité. Je suis assez âgé pour me souvenir, de façon très vivante, de la menace que le nazisme puisse s’emparer d’une grande partie de l’Eurasie, ce n’était pas une préoccupation futile. Les planificateurs militaires américains avaient prévu que la guerre se terminerait avec une région dominée par les États-Unis et une région dominée par l’Allemagne… Mais même cela, suffisamment horrible, n’était pas comme la fin de la vie humaine organisée sur Terre, ce à quoi nous sommes confrontés.» Évoquant le premier sommet de l’Internationale progressiste (18-20 septembre dernier), une nouvelle organisation fondée par Bernie Sanders, l’ancien candidat à la présidence américaine, et Yanis Varoufakis, l’ancien ministre grec des Finances, avec pour but de contrer l’autoritarisme de droite, Chomsky prend à son compte l’hypothèse: «Internationalisme ou extinction.» Ou pour le dire autrement, il appelle à la naissance d’une coalition mondiale «pour la justice et la paix, pour la participation démocratique, pour des institutions sociales et économiques changeantes, afin qu’elles ne soient pas orientées vers le profit privé pour quelques-uns mais vers les besoins et les préoccupations de la population générale». Une sorte d’activisme constant. Le bloc-noteur ajoutera que ce «signal» prend écho dans la dernière encyclique du pape François, Fratelli tutti, qui nous invite à repenser la question du «peuple» comme construction sociale et culturelle. Pas didentité figée, mais l’émergence dune conception universaliste. C’était jadis la matrice de notre République. Nous en avons plus que jamais besoin… 

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 16 octobre 2020.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin à 16:39

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